Il y a quatre ans, Donald Trump faisait campagne en ciblant la Chine. Sa lecture du monde se résumait à cette vision: «Mettons un terme au plus grand vol d’emplois de l’histoire!» Le voleur était Pékin, Washington la victime. La formule était de Peter Navarro, l’un de ses conseillers économiques. Elle allait à rebours de la doxa pro-marché des républicains, mais l’idée était déjà dans l’air du temps. Elle servait surtout le discours nationaliste d’un candidat en mauvaise posture dans les sondages. La victoire surprise de Donald Trump ne doit pourtant pas grand-chose à l’épouvantail chinois. Elle s’est jouée sur un autre terrain.