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Comment nous choisissons les lettres que nous publions

Mode d’emploi de notre rubrique Courrier

C’est encore arrivé cette semaine. L’auteur d’une lettre que nous avons publiée en ôtant quelques détails s’est adressé directement à notre rédaction en chef pour se plaindre. «Je ne savais pas que Le Temps faisait de la censure. En coupant ma lettre de lecteur, on a enlevé tous les éléments de référence et les exemples clés, amoindrissant de ce fait la pertinence de la démonstration. Je vous demande de bien vouloir la republier sans coupure, d’autant plus qu’elle comprenait 1700 caractères, qu’il restait de la place et que la lettre précédente dépassait de loin le nombre de signes prescrit.» Perplexité de notre équipe lorsque nous constatons qu’absolument rien de crucial ou de saillant n’a disparu de la lettre – un chiffre qui permettait certes de quantifier l’importance du phénomène abordé, une référence juridique et des liaisons verbales. Moins de 10% du message originel. Le sens est resté le même, sans aucun doute.

Valoriser vos écrits 

Pourquoi coupons-nous parfois vos courriers? D’abord parce que nous disposons d’un espace restreint, et que nous essayons de publier trois lettres par jour – c’est pour cette raison que nous vous demandons de ne pas dépasser 1500 signes. S’il nous arrive de publier des messages plus longs, c’est qu’ils sont particulièrement riches, ou poignants, ou impossibles à couper sans dénaturer leur sens. Il peut sembler rester «de la place» sur une page, mais vérifiez auprès de nos collègues maquettistes: les blancs d’une page font son architecture et la font respirer. Plus personne ne lirait aujourd’hui de pages ultra-compactes comme celles d’antan.

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Il nous arrive aussi de légèrement retoucher un courrier parce que parfois son message est dilué et qu’il faut le condenser. Une lettre peut être remusclée et bien plus percutante lorsqu’elle est concentrée sur l’essentiel: cela peut même être un service qu’on rend à l’auteur d’une lettre. Tous ceux qui nous écrivent ne sont de loin pas des experts de l’expression écrite et c’est dans notre mission de faire en sorte que leurs remarques, leurs critiques ou leurs propositions puissent aussi être entendues sur la place publique. La vraie question étant: comment sélectionnez-vous le courrier publié?

Enrichir le débat public

Là encore, plusieurs réponses. La lettre qui retiendra notre attention doit défendre un point de vue original, étayé, et qui peut enrichir le débat public en apportant des détails, des nuances, des inflexions. Commentaire de l’actualité politique nationale ou internationale, témoignage, lettre ouverte, questionnement sur notre ligne éditoriale: il n’y a pas de sujet interdit ou tabou, seules les attaques ad hominem sont proscrites, ainsi bien sûr que les propos racistes ou qui tombent sous le coup de la loi. Nous évitons les courriers politiques, qui relèvent davantage de notre rubrique Débats, ainsi que les sujets trop spécialisés qui ne présenteraient pas un intérêt général.

Nous publions en moyenne une douzaine de lettres par semaine, c’est seulement une petite partie des courriers que nous recevons. Nous choisissons parfois de regrouper plusieurs lettres sur le même sujet; c’est ce que nous avons déjà fait à propos d’interventions sur le climat, sur le congé paternité ou sur les bilatérales. Dans ces cas-là, il peut nous arriver de publier ces lettres sur le web, alors qu’elles restent en principe l’apanage du papier.

Vos lettres: Le climat au cœur de vos écrits

Vous savez tout, vous avez les clés. Cet espace d’expression est le vôtre, empoignez-le. Ecrivez-nous!

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