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Accepter Prévoyance 2020, c’est aussi admettre qu’il faut imposer l’égalité salariale, plutôt que la «compenser» par l’âge à la retraite.
© Keystone/Salvatore Di Nolfi

Les pieds dans le plat

Les choix cornéliens des uns et des autres

Deux scrutins vont faire office de marqueur idéologique cette année: la stratégie énergétique et la réforme des retraites, écrit notre chroniqueur David Hiler. Où ira le PLR? La gauche va-t-elle se scinder?

Cette année, le peuple suisse aura à se prononcer sur deux objets importants: la Stratégie énergétique 2050 et Prévoyance 2020. Le résultat du premier vote dira si la Suisse adopte la politique de Donald Trump, se rangeant sans états d’âme dans le clan des climatosceptiques, ou si, au contraire, elle est partie prenante de la lutte contre le réchauffement climatique. Le second scrutin nous apprendra quels sacrifices le peuple suisse est prêt à consentir pour sauvegarder son système de retraites, l’un des plus solides et efficaces d’Europe.

L’issue de ces deux votations aura aussi une influence sur le processus de recomposition politique dans notre pays. Voyons cela de plus près.

Où va le PLR?

L’UDC est aujourd’hui la seule force à combattre la Stratégique énergétique 2050. Le PLR toutefois a dit un petit oui du bout des lèvres. À l’assemblée des délégués, une forte minorité s’est opposée au projet de Doris Leuthard. Nombreux seront ceux qui feront campagne aux côtés de l’UDC. Si le non, l’emporte la convergence idéologique, déjà bien avancée, entre les deux partis de la droite, s’en trouvera renforcée. En caricaturant à peine, on dira qu’une seule divergence subsistera, celle ayant trait aux accords bilatéraux avec l’Europe. Avec une victoire du oui en revanche, les partisans d’une ligne plus centriste auront marqué des points.

La votation sur Prévoyance 2020, s’annonce délicate pour la gauche. À droite, le PLR et l’UDC font bloc. Ils combattent la légère augmentation de l’AVS visant à compenser la baisse des rentes du 2e pilier. S’ils triomphent, ils pourront peut-être imposer leur solution: l’instauration d’un mécanisme de frein à l’endettement pour l’AVS permettant de réduire mécaniquement les rentes en cas de déficit.

Conflit des deux gauches

La coalition des partis de gauche et du centre qui a soutenu Prévoyance 2020 n’est pas forcément en position de force. Si la gauche se divise, la probabilité d’un échec augmente forcément. Or, c’est bien ce qui semble se produire. L’USS a pris position pour le oui à une très large majorité, mais en Romandie, quelques sections vont sans doute faire campagne pour le non, tout comme l’extrême gauche. Côté socialiste aussi, les opposants font entendre leur voix. Pour le parti, l’enjeu est de taille. C’est pourquoi sa direction a pris la sage décision d’organiser, fait rare, une consultation de l’ensemble des membres. Sur ce dossier, les socialistes ne sont pas à l’abri d’un conflit entre les «deux gauches inconciliables». La terminologie est française, mais le divorce a déjà été consommé depuis longtemps en Allemagne et plus récemment en Espagne. Au Royaume-Uni, une scission menace les travaillistes depuis la victoire de Jeremy Corbyn.

Pour le PSS, dont les courants cohabitaient plutôt harmonieusement jusqu’ici, le dossier des retraites est épineux. Il ne peut ignorer les déséquilibres financiers qui menacent les deux piliers; la solution de gauche, l’initiative AVS + vient d’être rejetée par le peuple et pour corser l’affaire, c’est un conseiller fédéral socialiste qui est aux manettes. De toute façon, le parti n’est jamais très à l’aise lorsqu’il est question de répartir les sacrifices. C’est hélas précisément ce que le vieillissement de la population impose! La couleuvre la plus difficile à avaler, c’est évidemment le relèvement de l’âge de la retraite pour les femmes, un choix à haute charge symbolique. Accepter Prévoyance 2020, c’est aussi admettre qu’il faut imposer l’égalité salariale, plutôt que la «compenser» par l’âge à la retraite. C’est évidemment plus facile à dire qu’à faire et la route risque d’être longue.

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