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Chris Froome, le mercredi 13 décembre 2017, après un entraînement à Palma de Majorque.
© Joan Llado/AP Photo

Dopage

Chris Froome n’a pas encore perdu, le cyclisme oui

ÉDITORIAL. Le Britannique a fait un usage excessif d'un produit autorisé lors du Tour d'Espagne. Sur le plan de l'image, le mal est fait et le cyclisme n'en sortira pas indemne

Le cyclisme s’est réveillé mercredi en apprenant que son chevalier blanc avait failli. Chris Froome, le plus grand champion des années 2010, a échoué à un contrôle antidopage lors du Tour d’Espagne 2017. Lui qui s’était donné pour «mission personnelle de montrer que les choses ont changé» après l’affaire Festina, après Lance Armstrong, après tous les scandales, a fait un usage excessif d’un produit autorisé, le salbutamol, employé contre les crises d’asthme.

Révélés par Le Monde et The Guardian, les résultats de son contrôle antidopage du 7 septembre dernier sont à ce stade dits «anormaux». La procédure en cours au sein des instances dirigeantes du cyclisme établira s’ils doivent être considérés comme «positifs». Avec les avocats de son équipe Sky, la plus riche du peloton, le Britannique se battra pour convaincre de son innocence. Sa victoire sur la Vuelta, sa réputation et sa participation aux futures courses sont comme en sursis. Il n’a pas encore perdu la bataille. Par contre, il est déjà clair que le cyclisme n’en sortira pas gagnant.

Lire aussi: Chris Froome rattrapé par une affaire de dopage

Une suspension à l’encontre de Chris Froome serait un séisme pour une discipline en reconstruction. Pour ceux qui sont encore prêts à y croire, le quadruple vainqueur du Tour de France incarne un cyclisme revenu du dopage sans perdre de son intérêt sportif. Capable des exploits individuels dont les fans rêvent pour oublier les polémiques, l’homme est aussi le visage de la «vélorution Sky», l’équipe qui, depuis sa création en 2010, prétend, pour faire la différence, substituer ses méthodes nouvelles (les fameux gains marginaux) à la vieille culture de la triche.

Si Froome tombe, il entraînera tout un peloton d’illusions dans sa chute. Et l’opprobre frappera tout le milieu, alors que le cyclisme est objectivement l’un des sports qui a le plus œuvré pour se réformer. Mais le grand public est comme le champignonneur: une amanite phalloïde dans le panier, et toute la récolte est à jeter.

Cependant, si le Britannique finit par être officiellement blanchi, le cyclisme n’en sortira pas indemne non plus. Plusieurs coureurs ont déjà été suspendus pour avoir été contrôlés avec, dans le corps, des doses de salbutamol inférieures à celle que présente Chris Froome. Même s’il parvient à prouver qu’il en avait véritablement besoin du plus strict point de vue médical, cela laisserait l’impression qu’il subsiste, entre les règlements et leur mise en application, des «zones grises» susceptibles d’être exploitées.

Sur le plan de l’image, le mal est fait. Quelle que soit l’issue de cette nouvelle affaire brûlante, le cyclisme s’en serait bien passé. Sa chance est qu’elle survienne à la morte-saison. A l’Union cycliste internationale de profiter de l’hiver pour traiter ce cas avec la froideur nécessaire.

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