La flamme allumée pour marquer le début des temps olympiques aura vu beaucoup de drapeaux chinois brûler avec elle. Son parcours semé d'embûches a plus ressemblé à un parcours du combattant qu'à une marche vers la paix. Du jamais vu! L'idéal olympique en a pris un sacré coup car, justement, il s'est révélé moins sacré que prévu.

Dans ce contexte, le dernier numéro du magazine Bilan consacre son dossier principal aux relations interlopes entre sport et argent. Il rappelle que David Beckham gagne 31 millions d'euros par an, soit la bagatelle de 50 millions de francs suisses, plus que Vasella ou (ex) Ospel!

Le rédacteur en chef interroge Michel Platini sur son salaire. Pas de réponse! Voilà qui démontre une fois encore que le sport n'agit pas avec l'éthique qu'il prône. Autre question pertinente: «Comment justifiez-vous l'emploi de bénévoles alors que vous allez dégager 200 millions de bénéfices?» Toujours pas de réponse! Quel est son style de management? Pas de réponse! On n'a jamais vu un journaliste se contenter de si peu... sinon dans le domaine du sport, parce que les médias sont trop souvent juge et partie des dérives qu'ils laissent se dérouler sous leurs yeux sans mot dire.

Il y a longtemps que le sport se serait réformé si ses acteurs, tellement nombreux qu'ils finissent par recouvrir l'entier de la société civile, n'étaient pas souvent enclins à l'aveuglement. Les fédérations et le CIO organisent le sport et n'ont donc pas intérêt à être trop regardants. Les médias bénéficient grâce à lui de leurs meilleures pages ou de leurs audimats record. Les Etats mesurent leur dynamisme au nombre de médailles glanées autant qu'à leur PIB. Les parents de sportifs se réincarnent en champions dans leurs enfants qu'ils mènent à la baguette. Les spectateurs, en toute logique, veulent du spectacle et refusent d'aller voir ce qui se passe derrière les coulisses de l'exploit. Même certains arbitres se sont laissés graisser la patte tant les enjeux étaient énormes.

Sans oublier le système de santé qui tourne autour avec ses soignants, médecins du sport ou laboratoires, dont certains ferment les yeux sur les conséquences du surentraînement, les méfaits des produits dopants, les détournements d'usage des médicaments. Victor Comte, le patron de l'entreprise Balco, qui avait reconnu lors d'un procès retentissant avoir fourni un stéroïde indétectable à de nombreux sportifs, dénonce aujourd'hui les JO qu'il qualifie d'escroquerie et prépare un livre choc. Il critique le manque de volonté réelle pour lutter contre le dopage et il doit évidemment savoir de quoi il parle. Au fait, la Suisse vient de se doter d'une agence antidopage nationale, c'est hautement méritoire. Mais son indépendance des milieux sportifs n'a pas pu être assurée faute de moyens suffisants investis par la Confédération ( LT du 6.05.2008). Décidément, il y a toujours trop ou trop peu d'argent dans le sport!

Au fait, qui va gagner l'Euro 2008? Les paris sont ouverts sur Internet. Encore une histoire de gros sous!

mh.miauton@bluewin.ch

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