Le groupe radical-libéral des Chambres fédérales était en étude et discussion à Lucerne, vendredi et samedi derniers. Pour le Parti radical et pour le Parti libéral, en attendant leur regroupement complet nécessaire à terme, les élections fédérales d'octobre 2007 se profilent déjà dans l'agenda politique. On parle programme, et on le veut sur quelques visions originales et propositions fortes.

Il n'y a pas de grande surprise possible: les sujets sont incontournables. Par exemple, la formation et la recherche; la sécurité avec les rôles respectifs de la police et de l'armée; l'assurance maladie et la prévoyance vieillesse. Nombre d'idées courent pour financer les besoins du troisième âge, et du quatrième. Imaginons une défiscalisation d'une épargne bloquée, que des gens en dernière décennie de vie active voueraient à la couverture de l'hébergement et des soins de leur grand âge. Et puis, ne faudrait-il pas favoriser l'investissement conjugué de personnes voulant se regrouper, mais en gardant leur intimité, pour ces années ultimes: par exemple achat ou construction d'un petit immeuble incorporant des magasins de base et des offres de soutien médical léger?

On peut aussi chercher des formules pour stabiliser et fortifier l'AVS et le deuxième pilier, tout en modulant des possibilités de retraite flexible. Bref, on peut imaginer beaucoup de choses et en décider quelques-unes.

Reste que le problème du financement de la sécurité sociale est en partie lié à l'évolution démographique. Une récente enquête a montré que les femmes de France mettaient plus d'enfants au monde que les Suissesses, et d'ailleurs que les femmes de presque tous les autres pays européens. Faut-il y voir l'effet positif d'une politique de soutien étatique aux familles: fiscalité favorable, crèches…? La question se pose.

Cependant, il faut aussi demeurer fidèle à certains principes politiques: notamment, la conviction que les problèmes de société ne peuvent pas être prioritairement résolus par des mesures étatiques. Si la France a un atout pour l'avenir dans la plus grande disponibilité des Françaises à transmettre la vie – ce qui est réjouissant –, le poids de l'intervention de l'Etat en tous domaines est l'un de ses handicaps.

Dans cette histoire se présente évidemment le dilemme pour nombre de femmes: carrière ou mariage et enfants? On ne peut esquiver la tension. L'idéal, c'est la possibilité, durant une période de la vie, d'assumer à temps partiel des fonctions professionnelles intéressantes. Il y faut, et il y faudrait une ouverture d'esprit, une conviction d'un intérêt crucial à long terme de la part du monde de l'économie. Porteuse de responsabilité et pas moins femme et mère: tel pourrait être le slogan. Pourquoi les radicaux et les libéraux ne prendraient-ils pas l'initiative d'états généraux, d'une grande table ronde, à l'échelon national sur ce thème? Infléchir les mentalités et le comportement dans ce sens: et si c'était l'une des clés de l'avenir économique et d'un équilibre de société?

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