La Chine vient de perdre les élections groenlandaises. Avec 37% des voix et 12 des 31 sièges à l’Assemblée nationale, le parti Inuit Ataqatigiit (gauche verte) a renversé le parti social-démocrate Siumut au pouvoir depuis 1979, ne lui laissant que 29% et 10 sièges. Le principal enjeu du scrutin était un projet d’extraction des terres rares du sud de l’île, un méga-projet minier d’intérêt géostratégique pour la Chine dont les retombées économiques devaient dépasser l’entier du budget groenlandais et donc libérer l’île de sa dépendance du Danemark.

Problème: l’extraction de 25 000 tonnes de terres rares par an sur ce site s’accompagnerait de déchets d’uranium et surtout de 3000 tonnes de thorium très radioactif. Le minéralier australien Greenland Minerals, dont le groupe chinois Shenghe Resources est le premier actionnaire, n’a même pas mentionné le thorium comme sous-produit, se contentant d’affirmer que la technologie de raffinage avait été valablement testée dans les laboratoires du groupe chinois en 2020. Appelés au vote, les 40 000 électeurs groenlandais ont jugé que le risque était trop grand du point de vue écologique, comme du point de vue sociétal, vu l’énormité des infrastructures nécessaires au projet. Leur autonomie politique n’était pas à ce prix.