Le non à l’audace, en particulier dans le domaine culturel, est-il une fatalité sous le ciel de Calvin? Alors bien sûr, on peut gloser. Les habitants de la ville de Genève ont failli dire oui, quand même, à la Cité de la musique. Il s’en est fallu de 840 voix. Mais ils n’ont pas voulu, dans leur majorité, de ce qui aurait réjoui toutes les populations du monde: un bâtiment bien dessiné par un architecte du coin – le Genevois Pierre-Alain Dupraz – doté d’un parc, riche de trois salles, dont une philharmonique, et de studios pour les 500 étudiants de la Haute Ecole de musique. Ce havre avait en plus l’immense avantage d’être porté et financé par des privés – la Fondation Hans-Wildorf [cofondatrice d'Aventinus, propriétaire du Temps] devait apporter 200 millions sur les 300 prévus pour la construction.

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