«J'ai travaillé plus de quarante ans dans ce café familial, qui date de 1921. Le visage de la ville a beaucoup évolué: au début, notre terrasse faisait l'angle entre la place du Cirque et le boulevard Georges-Favon. Mais nous y avons renoncé pour cause de circulation trop abondante... J'aime beaucoup la partie piétonnière du centre-ville, mais elle gagnerait à être mieux balisée. Certaines rues de la Cité laissent une impression de chaos: trams, bus, piétons et autres taxis se disputent la priorité. Il faut faire un effort pour clarifier la circulation.

»Il y a un autre changement frappant: au fil des ans, la Ville s'est mise à uniformiser ses cafés. Récemment, on m'a expliqué que nos chaises et tables en plastique, à l'extérieur, ne convenaient plus. J'aimerais que les prochaines autorités cessent de vouloir tout uniformiser. L'idée d'aligner une douzaine de baraquements militaires sur la Rade, par exemple, doit être abandonnée! Il serait plus enrichissant de laisser s'exprimer chaque établissement en fonction de son identité.

»Espérons aussi que la nouvelle législature sera l'occasion de réaménager la plaine de Plainpalais, qui ne cesse de se rétrécir et de se goudronner. Dans le temps, elle était valorisée: elle accueillait par exemple les promotions des écoles et la fête du 1er Août. J'aimerais que la plaine de Plainpalais redevienne un lieu où les Genevois se rencontrent.

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