L’Union européenne peut se prévaloir d’un franc succès en politique étrangère. Fin février, le parlement sud-coréen ratifiait les conventions de l’OIT n° 87 sur la liberté syndicale, n° 98 sur le droit d’organisation et de négociation collective et n° 29 sur le travail forcé. Au terme de trois décennies de luttes, les syndicats ne sont pas parvenus à eux seuls à faire plier les gouvernements respectifs en raison de l’opposition des milieux d’affaires et conservateurs. Dès 2018, l’Union a appelé à la ratification des conventions fondamentales, affirmant qu’une non-approbation par Séoul pourrait constituer une violation de l’accord de libre-échange entre les deux parties. Suite à l’impasse des consultations, l’Union a demandé la création d’un groupe d’experts chargé d’examiner le contentieux – une première en son genre. En janvier, ce dernier a confirmé que la Corée ne respectait pas ses engagements en matière de travail dans le cadre de l’accord commercial.

Force est de constater qu’une certaine approche en matière de promotion des droits fondamentaux du travail par le levier de la politique commerciale fonctionne. Cela contribue à créer des conditions équitables de concurrence. N’en déplaise à l’opposition de gauche comme de droite aux politiques qui créent un lien entre le commerce et les questions sociales (et environnementales).