Un été à Zurich (5/7)

Le client, cet importun des «troquets» de la City

Certains bistrots zurichois tiennent du troquet du village, avec un patron lunatique prêt à vous jeter dehors au moindre prétexte

A Zurich, le client n’est pas partout roi. Il veut un café en terrasse? Il peut s’estimer heureux qu’on le lui apporte. Il désire une carafe d’eau du robinet? Ça fera 3 francs par personne. 

Bien sûr, ce n’est pas toujours comme ça. Mais, demandez aux Zurichois, ils auront assurément des histoires de frictions de comptoir à raconter. Une copine m’a relaté récemment cette anecdote, qui exprime bien un courant de la philosophie du service dans la ville où le café est le plus cher au monde. Un nouveau bar du quartier de Seefeld, à peine ouvert, accueillait le visiteur avec ce message affiché au mur: «Some people deserve a high-five. In the face. With a chair» («Certaines personnes – comprenez «clients» – méritent un high-five. Dans le visage. Avec une chaise).

Bon pour la ligne, pas pour l’humeur

Certains bistrots zurichois tiennent donc du troquet du village, avec un patron lunatique prêt à vous jeter dehors au moindre prétexte. Et on ne compte plus les restaurants qui ont simplement renoncé au service, remplacé par le self-service. Résultat: dans les locaux très fréquentés, plutôt que de patienter à table en grignotant des cacahuètes, on bavarde debout en faisant la queue. C’est meilleur pour la ligne, mais pas pour l’humeur.

Alors des petits malins ont saisi l’occasion: ils ont développé une application qui promet tout simplement de «redéfinir l’expérience de la gastronomie». L’app «Menu» permet de commander et de payer par carte de crédit sur son smartphone en quelques clics, depuis son bureau ou son canapé. Plus d’attente, plus d’addition. Et des anecdotes en moins à raconter aux copains.


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