Un parlement qui échoue à résoudre les problèmes urgents du pays, un gouvernement qui n’assume pas ses responsabilités et son leadership: plus de trois Suisses sur quatre estiment que «la baisse de capacité des milieux politiques à trouver des solutions soutenables» constitue la première menace pour le pays. Le baromètre des préoccupations des Suisses, que publie Credit Suisse, confirme que les principales inquiétudes n’ont pas changé en un an: l’AVS et la prévoyance vieillesse occupent la première place avec 47%, suivies par les coûts de la santé et des caisses maladie (41%). Cela confirme ce que disait au Temps un expert en mobilité (LT du 21.10.2019): «Les gens sont d’accord de lutter contre la fin du monde mais ils se préoccupent aussi de la fin du mois.»

Sentiment de déclassement

Les clignotants rouges du baromètre devraient servir d’avertissements au nouveau parlement. Première mise en garde: malgré la vague verte de cet automne, la transition écologique ne pourra être mise en œuvre que si les classes populaires et moyennes mais aussi les régions périphériques ne nourrissent pas le sentiment d’en payer seules la facture. Alors que le parlement échouerait à corriger la détérioration de leurs conditions d’existence. Deuxième signal d’alerte, dont on doute que l’Assemblée fédérale tienne compte: «Le Conseil fédéral doit mieux assumer son rôle de dirigeant.» Or, dans sa composition actuelle, profondément divisé sur les questions sociale, climatique, économique et européenne, le gouvernement a démontré qu’il était à la remorque du parlement. Les Suisses ne se distinguent plus guère des Européens dans leur méfiance face aux institutions.