Cet été, «Le Temps» a confié ses espaces dévolus aux opinions à six personnalités, chacune sur un thème et une semaine. Après l’avocat et chasseur de criminels de guerre Alain Werner (retrouvez toutes les tribunes sur la justice internationale ici), c'est au tour de Gisou van der Goot, professeure et vice-présidente de l'EPFL, de faire écrire ses invités, sur la science, le climat, mais pas seulement.

Découvrez les tribunes de la semaine de Gisou van der Goot

J’en suis venue à craindre les étés. C’est désormais, déjà, la saison des canicules mortelles, des incendies ravageurs et des déluges. Le 30 juin, la petite ville de Lytton au Canada battait tous les records de température: 49,6°C. Le lendemain, elle était entièrement détruite par un incendie. Le 17 juillet, le bilan des intempéries en Europe dépassait les 150 morts, avec des dégâts inouïs. Nous avons, en 2021 déjà, besoin d’un nouveau vocabulaire pour décrire la météo d’un monde en crise climatique: vortex polaire, dôme de chaleur, tornades de feu… Mais nous perdons aussi nos mots. Nous ne pouvons plus vraiment parler de «catastrophes naturelles», par exemple, étant donné qu’elles sont maintenant visiblement le fruit d’actions humaines, amplifiées démesurément par notre «emmitouflement» industriel de l’atmosphère, qui rajoute chaque année une épaisseur de plus d’émissions réchauffantes.