Opinion

Climat: fédérer, rassembler, innover

OPINION. Pour le climat, le compte à rebours a commencé, explique la ministre vaudoise du Territoire et de l’Environnement Jacqueline de Quattro alors que se tiennent, ce 12 novembre, les premières assises vaudoises du climat

Nous n’avons qu’une seule planète. Or les activités de l’homme l’ont mise en danger. Les désordres climatiques se multiplient et s’intensifient. Malgré les avertissements, les équilibres de la Terre sont aujourd’hui gravement menacés. Chaque jour, nous constatons notre fragilité face à ces phénomènes.

Les actions engagées jusqu’à ce jour pour inverser ces phénomènes ne suffisent pas. Elles ne sont pas à la hauteur des enjeux qui nous attendent. D’autant plus qu’avec la tendance actuelle, l’objectif des 2°C ne sera bientôt plus atteignable. Nous n’avons pas d’autre choix que d’accélérer la transition énergétique et climatique pour sauver notre planète. L’Accord de Paris sur le climat nous montre la voie à suivre, même si son entière application est suspendue aux résultats de la COP24, qui se tiendra en décembre à Katowice, en Pologne.

L’heure est donc à l’action. Maintenant, nous devons apporter une réponse publique aux défis climatiques. La responsabilité individuelle ne suffit plus. Il faut un engagement fort qui se traduise par des décisions fermes. Conscient de cette réalité, le Conseil d’Etat vaudois a décidé de faire du climat une de ses priorités. Pour mettre en œuvre une politique ambitieuse, plus efficace, nous organisons aujourd’hui à l’EPFL, les premières Assises vaudoises du climat. Elles donneront le coup d’envoi à l’élaboration d’un Plan climat vaudois.

40 millions de francs de subventions

Non, le canton de Vaud n’est pas trop petit pour participer à l’effort mondial. Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, le GIEC, rappelle que 50 à 70% des leviers d’action en matière de lutte contre le réchauffement climatique se situent à l’échelon local. Ce combat, nous devons le mener sur le territoire cantonal et pas uniquement sur la scène nationale, voire internationale.

Quand les sécheresses se répéteront et que les débits des rivières atteindront des niveaux critiques, l’eau fera de plus en plus souvent l’objet d’un arbitrage

Certes, le canton de Vaud dispose déjà de ressources pour faire face à la réduction des gaz à effet de serre et à l’adaptation aux changements climatiques. Grâce à une loi pionnière sur l’énergie, nous favorisons une production énergétique locale et renouvelable. Nous encourageons une utilisation efficiente de l’énergie notamment par le biais d’un Programme de subventions mis à disposition des propriétaires immobiliers souhaitant rénover leur bâtiment. Près de 40 millions ont été engagés en 2018. Toutefois, les politiques sectorielles doivent être renforcées et les priorités fixées.

Prenez l’exemple de l’eau. Dans notre pays, l’eau ne sera jamais source de conflit armé ou de guerre civile. Mais quand les sécheresses se répéteront et que les débits des rivières atteindront des niveaux critiques, l’eau fera de plus en plus souvent l’objet d’un arbitrage quant à son utilisation.

Que doit-on privilégier?

Que doit-on privilégier: l’irrigation, le maintien de débit résiduel dans les rivières pour les poissons, la production hydroélectrique, l’enneigement artificiel pour permettre à nos stations touristiques de survivre? L’arbitrage va s’avérer difficile.

Quelle que soit l’échelle à laquelle nous appréhendons les enjeux climatiques, le principal critère de succès réside dans la capacité de rassembler autour des objectifs mais aussi autour des moyens pour les atteindre. L’objectif des Assises vaudoises du climat est de fédérer, innover et proposer. Nous attendons que cette dynamique fasse émerger des propositions concrètes et ancrées dans la réalité vaudoise pour appuyer la volonté politique du Conseil d’Etat.

Aujourd’hui, le temps n’est plus à la prise de conscience. Le doute n’est plus permis. Nous avons la responsabilité et l’obligation morale de relever le défi climatique, l’une des plus grandes causes de notre époque. Donnons-nous les moyens de pouvoir construire une planète plus durable pour les générations futures. Le compte à rebours a commencé.

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