Les Accords de Paris contre le réchauffement climatique signés en 2015 étaient en grande partie un mécanisme inspiré par les Européens. Mais c’est Barack Obama et Xi Jinping qui en avaient été le moteur. Une fois les deux principaux pollueurs tombés d’accord pour acter leurs efforts, Washington entraînerait le «monde développé» à sa suite, alors que Pékin assurerait l’adhésion du «monde sous-développé». Ce triomphe de la diplomatie fut mis en musique par une France bien inspirée pour l’occasion. Et le monde put célébrer son audace: on ne réchaufferait pas la planète au-delà de 2 degrés d’ici à 2100 grâce aux engagements de réduction de CO2.

Cela faisait beaucoup de promesses pour plusieurs générations. Moins de deux ans plus tard, Donald Trump annonce le retrait des Etats-Unis de cet accord. Encore deux ans plus tard, c’est-à-dire aujourd’hui, on constate que la Chine, qui s’affichait en bon élève du renouvelable, lève aussi le pied. La concurrence commerciale n’est pas bonne pour le climat, comme on a pu le constater à Madrid ces jours-ci. Pétrole, gaz et charbon s’extraient comme jamais. C’est le temps des désillusions. Le temps pour l’Europe de reprendre les devants?