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Le président de la Commission européenne embrasse le premier ministre chinois Li Keqiang lors d’un sommet entre l’Union européenne et la Chine. Bruxelles, 1er juin 2017.
© EPA/VIRGINYA MAYO

Nouvelles frontières

Climat: la parenthèse Trump

Le retrait des Etats-Unis de l’Accord de Paris offre des opportunités aux Européens et aux Chinois. On s’illusionne toutefois si l’on pense pouvoir se passer des Américains

En dénonçant l’Accord de Paris sur le climat, Donald Trump a symboliquement fait sortir les Etats-Unis de l’Histoire. Ce refus d’assumer tout leadership autre que celui fondé sur la seule force militaire marginalise les Etats-Unis aux yeux de tous ceux qui privilégient à l’inverse la légitimité du droit et du dialogue pour organiser le monde de demain.

Cette reculade – comme celle de George W. Bush en 2001 sur le Traité de Kyoto – n’est pas une bonne nouvelle pour la santé de la planète et le multilatéralisme. Elle provoque par contre des sursauts et des prises de conscience dont pourraient profiter l’Europe et la Chine.

Résister à Donald Trump

Englué jusqu’en début d’année dans une crise existentielle, le projet européen retrouve peu à peu de son sens. Cela tient en partie à la reprise économique, mais aussi au dédain affiché par Donald Trump envers l’Europe. C’est ainsi que s’impose l’idée que le continent doit prendre enfin son destin en main, comme le répète Angela Merkel depuis l’élection du milliardaire américain. Elle est aujourd’hui rejointe par un président français qui mise sur une Europe qui protège (et non plus seulement sur l’OTAN) et qui offre une vision d’avenir: la lutte contre le réchauffement climatique, économiquement rentable, peut être un projet mobilisateur.

La Chine enfonce un coin entre les Etats-Unis et les Européens afin de fragiliser le camp occidental

La Chine, de son côté, peut certes déplorer ce retrait américain, l’entente entre les deux principaux pollueurs de la planète ayant été le préalable de l’Accord de Paris. Mais comment, à Pékin, ne pas voir dans cette démission avant tout un extraordinaire effet d’aubaine? A la veille de la prise de pouvoir de Donald Trump, Xi Jinping s’était opportunément présenté en nouveau leader de la globalisation et du multilatéralisme. Depuis, le leader du «America first» a fait capoter un accord de libre-échange asiatique qui contrecarrait les velléités de la Chine dans la région, ouvert son marché au poulet chinois et cède aujourd’hui à Pékin l’initiative dans le domaine des énergies renouvelables. Avec Trump, le Parti communiste chinois (PCC) gagne à tous les coups…

De ce fait, la tentation d’un rapprochement entre les capitales européennes et Pékin est grande pour faire front commun face à Washington. Pékin, en particulier, pousse en ce sens. Il est dans l’intérêt de la Chine d’enfoncer un coin entre les Etats-Unis et les Européens afin de fragiliser le camp occidental, toujours présenté comme une menace politique et idéologique par le PCC.

Résister à la Chine

Côté européen, l’envie de mieux coopérer avec une Chine identifiée comme davantage responsable n’est pas moindre. Le monde de demain sera un peu moins occidental, un peu plus chinois, autant s’y préparer. Après un G7 gâché par la mauvaise mine de Donald Trump, Berlin et Bruxelles ont ainsi accueilli à bras ouverts cette semaine le premier ministre chinois Li Keqiang.

Malgré les attentes, le sommet UE-Chine, vendredi, n’a toutefois pas accouché d’un communiqué commun sur le climat, les négociations ayant buté sur le commerce: Bruxelles refuse toujours le statut d’économie de marché à Pékin. Est-ce un échec? Au contraire, cette résistance européenne est nécessaire. Se rapprocher de Pékin pour mieux faire barrage à l’administration Trump est une chose. S’illusionner sur les intentions de Pékin en est une autre. Or, la Chine, malgré les discours de Xi Jinping sur la scène internationale, est loin de partager la vision européenne des règles du jeu international fondées sur un Etat de droit.

Tendre la main aux Etats, villes et citoyens américains

Si la réaction européenne face à Donald Trump est saine, à long terme ce sont pourtant bien les Etats-Unis qui resteront l’allié privilégié du Vieux Continent. Dans l’immédiat, sur le climat, les Européens auraient tout intérêt à tendre la main aux Etats, villes et citoyens américains qui luttent pour les mêmes valeurs qu’eux. Et à d’ores et déjà considérer la présidence Trump comme une parenthèse.

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© Gabioud Simon (gam)