Editorial

Une ère nouvelle

Les nouvelles provenant des milieux scientifiques sont mauvaises sur le front du climat. Les émissions de gaz à effet de serre continuent d’augmenter, obstruant sérieusement le chemin pour atteindre l’objectif visant à limiter le réchauffement de la planète à 2 °C. En 2013, la Chine a été responsable de 29% des émissions totales de CO2 dans le monde, davantage que les Etats-Unis (15%) et l’Union européenne (10%) réunis. Les phénomènes climatiques extrêmes se sont multipliés. Le tableau est sombre.

Le sommet sur le climat de New York semble pourtant ouvrir une ère nouvelle. Il a pour principale vocation d’accroître la pression sur les négociateurs en vue de l’adoption, à Paris en 2015, d’une nouvelle convention-cadre de l’ONU sur le changement climatique.

Au plan politique, on est certain d’avoir tiré les leçons du sommet désastreux de Copenhague en 2009. Un tel rendez-vous ne s’improvise pas, il nécessite une grande préparation en amont.

De plus, jamais les milieux économiques et financiers n’avaient vu dans les énergies vertes autant d’opportunités. Les désinvestissements des énergies fossiles, à l’image de ceux opérés par la famille Rockefeller, prennent une ampleur inédite. Les titres liés à l’économie durable (green bonds) ont connu une croissance fulgurante au cours de ces deux dernières années. Même la nécessité d’introduire un prix du carbone est une cause qui progresse à grands pas.

La Chine et les Etats-Unis, les deux plus grands pollueurs de la planète, voient dans le changement climatique une menace sécuritaire majeure. Tous deux injectent des sommes faramineuses dans les énergies renouvelables. Face à l’obstruction du Congrès, Barack Obama a pris des décrets présidentiels sans précédent pour limiter les émissions des centrales à charbon, et compris l’intérêt d’utiliser le gaz comme énergie de transition.

Ces prochains mois, les deux grandes puissances devront toutefois assumer leur responsabilité planétaire. Car de multiples études ont déjà évalué le coût de l’inaction: il serait insupportable.