Le ras-le-bol face à la crise du covid ne cesse de grandir. C’est parfaitement compréhensible. De grands efforts ont été fournis au printemps dernier. La très grande majorité de la population s’était alors montrée solidaire et raisonnable. Une deuxième vague était annoncée pour la fin de l’été, mais de très nombreux Suisses ont plongé la tête dans le sable. Pourtant elle est bien là, et nettement plus difficile à vivre et à accepter que la première déferlante.

Comment contourner les restrictions

Pour y faire face, il faut respecter les règles sanitaires et pouvoir faire confiance. Confiance dans les politiques et les scientifiques. Et c’est l’une des difficultés, leur discours n’est pas univoque, il est même contradictoire. Pendant que le Conseil fédéral se veut rassurant, sa task force dresse un tableau plus sombre de l’évolution et parle de petit confinement. Ce double discours déstabilise.

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Une incertitude renforcée par de nombreuses incohérences. Les coiffeurs vaudois coupent les cheveux, alors que leurs collègues genevois ont dû fermer leurs salons. Les cafés et les restaurants sont clos dans le Jura et à Neuchâtel, mais pas dans le Jura bernois si proche. La Saint-Martin, qui fait la fierté de l’Ajoie, était servie cette année dans la vallée de Tavannes. Un déplacement pas si anecdotique. Il crée une vive émotion et de l’incompréhension. Défiante, la population n’est plus prête à respecter les règles et cherche à les contourner. Les Romands se précipitent sur les terrasses de la ville de Berne, d’autres continuent à faire des fêtes entre amis.

Aides supplémentaires du Conseil fédéral

Colère également parmi les secteurs fortement touchés comme la restauration, l’hôtellerie, la culture ou le sport. De très nombreuses structures sont menacées de disparaître et doivent obtenir de toute urgence un soutien financier. Plusieurs cantons ont déjà accordé des aides sérieuses. Mais la Confédération doit, elle aussi, déployer des moyens nettement supérieurs à ceux qui sont actuellement accordés. Le Conseil fédéral a annoncé une aide de 200 millions pour les cas de rigueur. C’est largement insuffisant. Il doit corriger le tir lors de sa séance de ce mercredi en proposant une somme qui corresponde à la réalité catastrophique que vit actuellement une partie de la société. Là encore, c’est une question de cohérence. Des mesures strictes sont prises pour des raisons sanitaires, elles doivent être compensées.

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Pour résister à ce climat plus que morose et à la grogne ambiante, la population a aussi besoin d’espoir. Ces bonnes nouvelles arrivent grâce à l’avancée spectaculaire de deux vaccins qui pourraient, à terme, enrayer la pandémie.

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