«Still rising», résume en deux mots l’Associated Press. Le pilote britannique Lewis Hamilton est donc devenu ce dimanche le recordman absolu des victoires en formule 1 avec 92 victoires. C’est une de plus que l’Allemand Michael Schumacher, victime d’un grave accident de ski à la fin de 2013 qui l’a définitivement écarté de la scène publique. Alors, «jusqu’où ira le champion anglais, aujourd’hui âgé de 35 ans et seul pilote noir de l’histoire de la F1», s’est demandé l’Agence France-Presse?

Au terme de ce Grand Prix du Portugal à Portimão, il a donc bondi hors de sa Mercedes «pour se précipiter dans les bras de son père, venu assister à son triomphe. Comme lorsqu’il débutait en F1 et remportait sa première victoire, en 2007 au Canada.» Mais ce n’est pas tout: la Tribune de Genève rappelle que «le Britannique conforte également son avance au Championnat du monde, à cinq manches de la fin, et compte désormais 77 points d’avance sur Bottas. Il vise cette année un 7e titre, qui lui permettrait d’égaler un autre record du légendaire pilote allemand.»

«Un peu plus dans la légende», donc, résume Le Figaro, avec un lexique similaire. La saga a commencé il y a un peu moins de quatorze ans. «Le 1er octobre 2006, Michael Schumacher, au volant d’une Ferrari, s’imposait à Shanghai lors du Grand Prix de Chine. L’Allemand décrochait sa 91e victoire. Le record absolu à l’époque. […] Et pourtant! Alors que le Baron rouge était en fin de carrière, un jeune loup faisait son apparition chez McLaren en 2007: Lewis Hamilton. Et quelle entrée en matière. Vice-champion dès sa première saison et lauréat lors de la deuxième (2008), devenant à l’époque le plus jeune champion du monde en F1. Le phénomène Hamilton était né.»

Le quotidien français ajoute à cela une cohorte de chiffres: «Hamilton a disputé 262 courses pour 92 succès. Il remporte donc une course sur trois. C’est colossal. […] Dimanche, il est monté sur son 161e podium en F1. Il avait d’ailleurs dépossédé du record de podiums un certain… Schumacher en Espagne cette année. Au Portugal, il a également bouclé sa 225e course dans les points et totalise désormais 3687 unités au compteur de sa carrière. Là aussi ce sont des records.» Qui mettent Twitter en ébullition. Et l’ancien pilote suisse Marc Surer en fait un éloge aux allures «rodgériennes» pour la télévision alémanique SRF: «Lewis Hamilton, (bald) erfolgreichster F1-Fahrer aller Zeiten» [bientôt le plus grand pilote de tous les temps].

Dans «Un pilote pas comme les autres», Ouest-France écrit que «le natif de Stevenage, une cité-dortoir au nord de Londres, a acquis une aura qui lui vaut d’être de loin le pilote le plus populaire sur les réseaux sociaux. Ses précédents employeurs et les médias ont pu redouter que ses accointances avec les milieux de la mode (il signe des collections pour la marque Tommy Hilfiger) et de la musique lui nuisent. Mais l’intéressé, comme son patron chez Mercedes, Toto Wolff, y voit une des clés de son succès sportif.» C’est que l’homme est aussi engagé:

«Après la mort de l’Afro-Américain George Floyd, victime d’une bavure policière en mai aux Etats-Unis, le sujet est devenu l’un de ses combats. Au risque d’agacer par son insistance, le pilote a poussé la F1 à organiser une cérémonie avant le départ des GP et lancé une commission en Grande-Bretagne pour encourager la diversité dans un sport majoritairement blanc et masculin»…

… Auparavant, il s’était positionné en défenseur de la cause animale et de l’environnement, renonçant à son jet privé couleur rubis et devenant végane

Dans L’Equipe, le Belgo-Néerlandais Max Verstappen (Red Bull, 3e ce dimanche) confie que Lewis lui «disait qu’il voulait porter le record le plus haut possible pour me donner le plus de mal possible à le rattraper. C’est une performance incroyable et je pense qu’il ira bien au-delà de 100 [victoires], donc il va m’obliger à courir jusqu’à plus de 40 ans. Mais c’est une bonne motivation. Il semble aussi en bonne voie pour conquérir son 7e titre, ce qui est extraordinaire. Tout le monde sait qu’il va très vite, mais il est aussi très régulier et fait très rarement des erreurs.»

Il assume ses boulettes

Franceinfo confirme: «Lewis fait peu d’erreurs, et quand il en fait, elles ont des conséquences moindres. Il s’en sort toujours pour finir trois, quatre, ou cinquième dans les mauvais jours», admire le pilote français Pierre Gasly. «Il arrive à être agressif en mesurant chaque risque qu’il prend. Le Britannique n’a pas abandonné dans un Grand Prix depuis celui d’Autriche, le 1er juillet 2018.» L’ingénieur Frédéric Vasseur, qui a côtoyé Hamilton pendant ses jeunes années, souligne également ses qualités humaines: «Il est fédérateur, et il est le premier à se remettre en cause quand il fait une boulette. Chez Mercedes, il y a une adhésion à Lewis qui est une des clés de la performance de l’équipe.» Il se souvient aussi:

Quand il était plus jeune, alors qu’il était déjà un champion, il lui arrivait de descendre de voiture et de me dire: «Oublie cette séance, j’ai mal piloté»


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