Le numéro un mondial de tennis Novak Djokovic a atterri, lundi, à Dubaï après avoir été expulsé d'Australie au terme d'une bataille judiciaire. Le Serbe a quitté l'avion avec deux sacs et un masque, après avoir atterri à l'aéroport international de Dubaï à 5h32 (2h32 en Suisse), a constaté une journaliste de l'AFP qui avait embarqué à bord du même avion.

Voilà, c’est fini, l’Open d’Australie peut enfin commencer. Le premier tournoi du Grand Chelem de la saison, qui débute ce lundi à Melbourne, a été précédé d’un long feuilleton politico-judiciaire, qui s’est ouvert et refermé sur la même scène: Novak Djokovic dans un avion. Après douze jours d’un match à rebondissements, le numéro un mondial de tennis a finalement vu son visa définitivement annulé. Il est donc parti dimanche soir par le premier vol pour Dubaï en se disant «extrêmement déçu» de cette issue et profondément désolé pour le dérangement causé aux autres joueurs. Il aurait aimé ne pas autant tirer à lui la couverture médiatique.

Cadeau empoisonné

Il aurait fallu pour cela qu’il accepte dès le début de se plier aux règles du jeu: se faire vacciner, comme 97 des 100 meilleurs joueurs mondiaux – son refus de la piqûre lui a valu son surnom de «No-vax» Djokovic –, ou ne pas venir, comme deux des trois autres. Lui – le troisième – a voulu venir, à ses propres conditions, auxquelles Tennis Australia et l’Etat de Victoria (très fortement impliqué dans l’organisation du tournoi qui lui assure une médiatisation planétaire) ont accédé, même si les choses n’ont pas été présentées de cette manière. Le péché originel est celui de Craig Tiley, le directeur de Tennis Australia qui, en parvenant à obtenir une exception pour sa tête d’affiche, a tendu à Novak Djokovic la pomme de la discorde.

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La pomme était pourrie, envenimée par le débat sur la vaccination, les sacrifices des uns et les privilèges des autres, mais le numéro un mondial a mordu dedans sans discernement. Il n’a pas compris qu’annoncer sa venue pouvait lui porter préjudice, que ses contradictions – ses inconséquences parfois – seraient exhumées en quelques clics, que le débat tournait: on ne lui reprochait pas de risquer de contaminer les corps mais les âmes. Il s’est obstiné jusqu’au bout, «entêté» selon son ancien entraîneur Boris Becker.

L’aveuglement de Novak Djokovic risque aujourd’hui de lui faire perdre bien plus qu’un 21e titre et un record qui, à Melbourne ou ailleurs, tôt ou tard, lui tendait les bras. Son avenir sur le circuit est devenu incertain, son image restera entachée. Son cas confirme que le sportif moderne doit être celui qui transcende, et non plus celui qui contourne. Et qui, s’il s’oppose, doit en accepter les conséquences.