Quelles leçons ont-elles réellement été tirées du scandale UBS? Un an après la signature d’un accord peu glorieux avec les Etats-Unis, la Suisse est retournée à ses affaires courantes.

Pourtant, les responsables d’une affaire qui a coûté très cher aux clients d’UBS, à ses actionnaires, aux autres banques de la place, et à la réputation de tout un pays ne vont vraisemblablement pas répondre de leurs actes.

Parce que, d’une part, les procureurs de Zurich et la nouvelle direction de la banque ont renoncé à toute action, invoquant en particulier la difficulté à établir des faits condamnables par le droit suisse. D’autre part, les rares actionnaires qui se sont lancés dans la coûteuse procédure ont très peu de chances de la mener à bien. Sans oublier que le délai de prescription, mi-octobre, arrive à grands pas.

Alors que plusieurs rapports, dont celui des commissions de gestion, ont établi les fautes de la banque, il se dégage de cette affaire, après celle de Swissair, un trop fort sentiment d’impunité concernant les délits en col blanc. Il paraît impensable qu’aucune leçon ne soit tirée pour le combattre.

Les pistes ne manquent pas. Comme d’étendre le champ d’application de la Convention de diligence, le code de conduite des banques violé pas UBS; aujourd’hui, il n’a force de loi que sur le territoire helvétique. Le parlement a là une bonne carte à jouer.

Une autre piste tient dans une réponse solide au risque systémique posé par les établissements de grande taille. De ce point de vue, la Banque nationale ou la Finma, le gendarme de la finance, ont besoin d’un plus net soutien des responsables politiques.

Enfin, ne rien entreprendre revient à prendre un autre risque: que le recours d’un client trahi d’UBS soit jugé recevable et mène à terme à une véritable action en justice. La Suisse subirait un nouvel affront dans une affaire où elle en a déjà plus qu’assez de voir le ménage finalement fait par une action étrangère, et très probablement américaine.