(in)culture

Commencer l’année avec Emma

Eric Burnand et Fanny Vaucher signent un formidable roman graphique survolant un siècle d’histoire suisse en lui donnant un visage humain et féminin

Que retenir de l’année écoulée? Pour ma part, le nouveau visage du parlement, le plus jeune, féminin et vert de l’histoire de la Confédération helvétique, m’a réjoui. Autrement plus, je dois bien l’avouer, que le record musical de ce début 2020: All I Want For Christmas Is You, un morceau enregistré pour la première fois il y a plus de vingt-cinq ans, est désormais en tête du Billboard, faisant de Mariah Carey la première artiste à avoir dominé le prestigieux hit-parade au cours de quatre décennies différentes. Et ça, vu l’image de poupée décervelée que véhicule la chanteuse adepte du play-back, je ne suis pas sûr que cela soit une avancée pour l’égalité des sexes.

Bref, afin d’oublier cette scie sirupeuse, ma première résolution de l’an neuf aura été de rattraper la lecture d’un roman graphique à côté duquel j’étais passé durant le vertigineux tourbillon qu’est le mois de décembre: Le Siècle d’Emma, dont la couverture me faisait de l’œil depuis quelques semaines au pied de mon bureau. Cette bande dessinée, me promettait son sous-titre, raconte rien de moins que l’histoire d’«une famille suisse dans les turbulences du XXe siècle».