Après le covid, faire le pas d'après... Ou n'y a-t-il pas d'après-covid, mais seulement un «avant» qui revient? Tel est le thème qu'explore notre chroniqueur cet été.

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«Les Etats, comme l’a dit Charles de Gaulle, n’ont pas d’amis, ils n’ont que des intérêts.» Certes, quelques événements ont soulevé des élans de compassion et de solidarité planétaires émouvants. Par exemple, presque tout le monde, d’Adélaïde à Zanzibar, a chanté «Nous sommes tous Américains» après les attentats terroristes de 2001 à New York. C’était la voix de la communauté internationale.

La communauté internationale existe. Mais dans l’émotion seulement. En politique, en économie et dans les relations internationales, elle n’est qu’un mirage. On aurait pu penser que la pandémie de Covid-19, qui ne connaît pas de frontières, déclenche une affection et une mobilisation internationales. Non: les pays riches se sont emparés de tous les vaccins, quitte à s’approvisionner cinq fois plus que nécessaire. Le nationalisme vaccinal est né.

Son vrai visage

La communauté internationale incarnée par les Etats-Unis, l’Union européenne et leurs alliés a montré son vrai visage pendant la pire catastrophe sanitaire depuis la grippe espagnole au début du siècle dernier. Pourquoi en serait-il autrement après la pandémie? Les Etats vont continuer à défendre leurs intérêts.

En soi, il y a là une certaine logique. Pandémie ou non, cette communauté qui se veut la gardienne de la bonne conscience planétaire ne fait qu’avancer ses propres pions sur l’échiquier. Dans le domaine géopolitique, elle déploie son armada militaire autour de la Russie, dans le golfe Persique et dans la mer de Chine. Au nom, dit-elle, de la défense des libertés. En matière économique, elle veut imposer de nouvelles règles protectionnistes. Au nom des dérèglements climatiques. Dernière tentative en la matière: Bruxelles voudrait imposer une taxe carbone sur les produits importés qui ne seraient pas fabriqués dans les mêmes conditions qu’en Europe. Au nom de quoi?

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