CHRONIQUE

Complotisme, quoi de neuf?

OPINION. Une étude qui vient de sortir mesure l’ampleur du complotisme en France. Etonnement, cris d’orfraie, condamnation, mépris ont ponctué la révélation de ces résultats. Quel est l’état des lieux? se demande notre chroniqueuse, Marie-Hélène Miauton

Un récent sondage français fait grand bruit. Réalisé par l’Ifop pour la Fondation Jean-Jaurès et Conspiracy Watch, il tente de mesurer le niveau de croyance aux théories du complot dans la société française. Il s’agit de la deuxième vague d’une étude qui, l’an dernier, avait été fortement critiquée, à juste titre d’ailleurs. Les questions ont donc été profondément modifiées en 2019 au point que le nombre des Français qui croient aux complots a considérablement diminué en un an, passant de 61% à 48% (27% s’y prêtent parfois et 21% y étant carrément enclins!). De là à prendre le peuple le plus intelligent du monde pour une bande de veaux, il n’y a qu’un pas.

L’an dernier, alors que certains journalistes avaient fait leur travail avec professionnalisme et dénoncé des résultats obtenus par un jeu de questions mal posées et une suite d’amalgames hasardeux, certains autres s’étaient malheureusement prêtés sans esprit critique à la diffusion de ces chiffres, témoignant eux-mêmes de cette crédulité qu’ils reprochaient à leurs compatriotes.