éditorial

La confiance numérique, un enjeu de société

ÉDITORIAL. La multiplication des objets connectés cause de plus en plus de problèmes de sécurité. Et rien ni personne n’est désormais à l’abri, ce qui pose des questions fondamentales liées à la confiance

C’est une jolie coïncidence. Deux jours après l’annonce de la création, à Genève, de la Swiss Digital Initiative, nous publions une enquête sur les risques liés aux appareils connectés censés améliorer notre santé. Des bracelets de fertilité aux soutiens-gorges capables de déceler la présence de tumeurs, ces accessoires se multiplient. Et avec eux les craintes que les données générées, si intimes, tombent entre de mauvaises mains. Comment, en 2019, avoir une totale confiance dans les entreprises qui en savent de plus en plus sur nous?

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C’est bien le but de la Swiss Digital Initiative, réunissant Microsoft, Google ou encore Facebook: améliorer les pratiques des géants de la technologie en matière de données. Et ainsi trouver un moyen d’augmenter la confiance des internautes dans des applications et services de plus en plus curieux.


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Mais la tâche s’annonce colossale, tant cette confiance a été érodée. Il y eut le scandale Ashley Madison, en 2015 déjà, où les noms de millions d’utilisateurs de ce site de rencontres extraconjugales avaient été rendus publics. Il y eut, au printemps 2018, l’affaire Cambridge Analytica, avec le siphonnage des données de 87 millions d’utilisateurs de Facebook. Et ne parlons même pas des centaines de millions de comptes Yahoo! piratés ces dernières années.

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Difficile, dans ces conditions, d’avoir aujourd’hui une totale confiance en un prestataire de services sur internet, qu’il s’appelle Swisscom, Apple, Google ou qu’il s’agisse d’une start-up proposant des dispositifs médicaux connectés. Car au-delà des affaires Ashley Madison, Facebook ou Yahoo!, il ne se passe plus une semaine sans qu’un scandale éclate. Ces derniers jours, un site X, un site de rencontres gays et même une société de… cybersécurité se sont fait voler leurs données.

L’accumulation de ces affaires ne devrait pas nous empêcher d’utiliser des objets connectés – d’ailleurs, dans certains cas, nous n’avons même plus le choix. Mais il faut par contre accepter l’idée – et c’est triste de l’écrire – que, potentiellement, toutes les données générées peuvent être rendues publiques. Il faut donc soutenir toutes les initiatives globales visant à améliorer la sécurité sur internet et faire pression sur les entreprises pour qu'elles accroissent la sécurité de leurs clients. Et surtout ne pas s’habituer à ces scandales et continuer à montrer du doigt celles qui n’ont pas tout fait pour les protéger.

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