Chronique

Conseil des Etats: tour d’horizon romand

OPINION. Dans la masse des résultats fournis au soir des élections, difficile parfois de se faire une idée générale de la situation. C’est une consolidation au niveau romand que constate notre chroniqueuse, Marie-Hélène Miauton

A Genève, pour expliquer leur défaite, la plupart des PLR crient haro sur le Maudet. Même si les aléas judiciaires du ministre n’ont sans doute pas aidé, il est trop facile de le rendre responsable du piteux résultat de la liste PLR/PDC. La raison en est bien plus simple: tant que la droite ira dispersée dans un scrutin majoritaire face à une gauche unie, elle perdra! C’est aussi simple et aussi mathématique que cela. Il suffisait, après les résultats du premier tour, d’additionner les voix d’Hugues Hiltpold et celles de Céline Amaudruz pour savoir comment transformer un cuisant échec en belle victoire. Mais tant que ces deux partis préféreront se contrer plutôt que de faire pièce à la gauche, ce scénario se confirmera. Quel aveuglement!

La démonstration en fut donnée dans le canton de Vaud où le PLR Olivier Français, très largement distancé lors du premier tour, s’est finalement imposé, par sa propre valeur évidemment, mais surtout parce que les discussions avec l’UDC ont été fructueuses. Bien sûr, il faudra bien, un jour ou l’autre, renvoyer l’ascenseur! Malheureusement, dans ce canton, ce parti rencontre deux difficultés qui pourraient, à terme, mener à la piteuse situation genevoise. D’une part, une certaine faiblesse de ses candidats, moins par leur personnalité propre que par leur manque de formation politique et de visibilité. D’autre part, alors que les structures du PLR ont bien compris les enjeux, la base compte une large part d’anti-UDC primaires, composée de radicaux de gauche et d’une génération restée un peu soixante-huitarde. On verra si l’indispensable discipline des troupes et la reconnaissance du ventre feront effet lors des prochaines élections cantonales et fédérales, mais le doute est permis.