Le Conseil fédéral nouvelle version a lancé son premier message. L’UDC et le PLR démontrent qu’ils sont majoritaires et unis cette fois-ci en s’adjugeant les départements qui comptent. Ils sont les grands gagnants de la répartition annoncée ce jeudi. Si certains en doutaient encore, l’année électorale a bel et bien déjà commencé.

Au sein du Conseil fédéral, il est d’usage de faire patienter les néophytes dans des dicastères réputés mineurs. L’appointé Albert Rösti n’aura pas à ronger son frein au département militaire. L’UDC hérite fissa du domaine dont il rêvait ouvertement: celui de l’Environnement, des Transports, de l’Energie et de la Communication (DETEC). Sa formation d’ingénieur agronome, son expérience de parlementaire l’y destinaient, a justifié le président de la Confédération, Ignazio Cassis. Le PLR a ajouté que cela donne à l’UDC l’occasion de démontrer qu’un de ses représentants peut faire mieux que la ministre actuelle, la démissionnaire Simonetta Sommaruga, cible préférée du parti de l’élu.

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La manœuvre amènera peut-être la formation à modérer sa colère dans la votation qui s’annonce, touchant à l’interdiction des énergies fossiles, contre laquelle elle a lancé un référendum. Elle garantit surtout au dominateur de la politique fédérale – et à leurs titulaires – de contrôler deux départements stratégiques, une sorte d’omniprésence vu les enjeux actuels. En ce sens, Albert Rösti se profile comme le prochain homme fort du gouvernement.

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Un épouvantail

Sa nomination est aussi une bonne nouvelle pour les écologistes, qui ont trouvé leur meilleur ennemi. Le lobbyiste en chef des énergies fossiles est l’épouvantail qui va motiver leur revendication d’entrer au Conseil fédéral afin d’y infuser le goût des renouvelables.

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Après quatre ans au Département de justice et police, Karin Keller-Sutter pourra enfin diriger les finances fédérales dès le 1er janvier prochain. La transversalité de ce dicastère et l’expérience cantonale de la ministre PLR lui aménagent une place de choix dans ce futur gouvernement. Elle laisse en cadeau de départ à la socialiste Elisabeth Baume-Schneider le soin de gérer la crise migratoire qui s’annonce.

Prochain départ

L’immobilisme de Viola Amherd lui assurera une certaine tranquillité, mais il prive Le Centre de visibilité. Celui d’Alain Berset est vu comme les prémices d’un départ prochain.

Ignazio Cassis a insisté: la continuité garantit une stabilité au pays, dans un monde à feu et à sang. Ce choix est aussi le produit d’une démonstration de force que la droite devra assumer, au-delà de l’année électorale.

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