Alain Berset est de nouveau écouté par une majorité de ses collègues. Enfin. Ces dernières semaines, le ministre de la Santé prêchait dans le désert. Le Conseil fédéral se bouchait les oreilles, tout comme les cantons alémaniques. Ils refusaient de voir la réalité en face: la situation épidémiologique ne cessait d’empirer. La Suisse devenait l’un des pays les plus touchés d’Europe. Son image était sacrément écornée et son refus d’édicter des mesures strictes vivement critiqué par les pays voisins.

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Cette triste réalité marque aussi la faillite de notre système politique en période de crise. La collégialité et le fédéralisme ont empêché la prise de mesures efficaces. Les scientifiques et les spécialistes de la santé n’ont plus été écoutés.

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La cohésion du pays en a aussi pris un sacré coup. La majorité des gouvernements alémaniques ont refusé d’agir et ont regardé avec condescendance leurs homologues romands. Parmi eux, Zurich, qui malheureusement continue à dicter le rythme en Suisse.

Cantons romands entendus

Cette attitude irresponsable a provoqué un retour de balancier, carrément exagéré. Pris de panique, Alain Berset et Simonetta Sommaruga ont précipité, mardi soir, leur communication et provoqué un gros pataquès. L’ire des cantons romands, parfaitement compréhensible, a surpris à Berne.

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Heureusement, elle a été entendue. Le Conseil fédéral est désormais prêt à tenir compte du taux de reproduction pour autoriser ou non les restaurants à ouvrir au-delà de 19h. Ce compromis donne des responsabilités très fortes aux cantons, aux restaurateurs et bien sûr à la population. A eux de les assumer scrupuleusement. Si les règles ne sont pas respectées et que le nombre de personnes infectées augmente, le couperet tombera automatiquement, fermeture à 19h.

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Pression sur la population

Pour que cette solution fonctionne, plusieurs règles doivent absolument être respectées: un traçage minutieux, aucune tricherie sur les chiffres, une coordination étroite entre cantons voisins et un renoncement au tourisme gastronomique.

C’est à ces seules conditions que Noël pourra tout de même avoir une saveur festive et surtout que l’on évitera une troisième vague absolument catastrophique.

Autre progrès: la majorité du gouvernement a réussi à forcer Ueli Maurer à délier les cordons de la bourse pour aider davantage toutes les victimes collatérales du covid.

Le Conseil fédéral reprend enfin le rôle qui était le sien au printemps dernier; à nous aussi de redevenir responsables et solidaires. De vivre, mais au ralenti.