Un point réunit tous les Suisses: ils ne veulent pas d’un deuxième confinement, qui serait catastrophique sur les plans social, psychologique et économique. Afin de l’éviter, tous et toutes doivent se discipliner, arrêter de jouer les mauvais élèves. Pour soi-même, ses proches et plus globalement la société. Les règles de base sont sans cesse rappelées, cependant ça ne suffit pas: devenir davantage raisonnable, accepter que tout n’est plus possible, même si le ras-le-bol est compréhensible.

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Aujourd’hui, contrairement à la situation au printemps, la population est divisée, fâchée. Le retour à la confiance passe par l’exemplarité des élus. En premier lieu, le Conseil fédéral. Malheureusement le temps de l’union sacrée est terminé. C’est aussi la cacophonie de leur côté. Certains, comme Ueli Maurer, minimisent la gravité de la situation et d’autres prônent des mesures drastiques. La présidente, Simonetta Sommaruga, est aussi accusée de trop en faire.

Patchwork cantonal

Le Conseil fédéral refuse d’imposer, de nouveau, l’état d’urgence afin de laisser aux cantons le soin de poursuivre la traçabilité du virus et de prendre des mesures en adéquation avec leur réalité. Cette confiance se mérite et elle est dangereusement écornée. Quel patchwork! En Suisse orientale, on attend. En Suisse romande, les ministres se sont vantés de s’être coordonnés.

Toutefois, les mesures annoncées la semaine dernière sont fort différentes, et même contradictoires. Elles créent une nouvelle incertitude. Comment justifier que le canton de Vaud fasse cavalier seul et autorise les restaurants à rester ouverts jusqu’à minuit? Pour continuer à pouvoir s'accorder quelques plaisirs, si essentiels dans cet automne troublé, il faut être prêt à changer ses habitudes en allant, par exemple, au restaurant plus tôt.

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Comment accepter qu’à Zurich plusieurs milliers de spectateurs puissent assister à un match de football, alors qu’à Berne c’est le huis clos? Comment expliquer qu’on peut aller aux Bains de Lavey (Vaud), alors que ceux de Saillon (Valais), distants de 25 kilomètres, sont fermés?

Le Conseil fédéral doit édicter de nouvelles règles communes

Pour que les Suisses acceptent les décisions de leurs autorités, elles doivent être cohérentes et intelligibles. Sans supprimer toute marge de manœuvre des cantons, le Conseil fédéral est appelé ce mercredi à énoncer de nouvelles règles claires concernant les réunions en famille ou en public, les heures d’ouverture des établissements publics ou le nombre de spectateurs dans les stades. Ces mesures vont de pair avec des aides économiques aux branches particulièrement touchées par la crise.

Une responsabilité et une discipline communes éviteront un nouveau confinement.


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