Les espoirs de milliers de Suisses sont douchés. Au 22 mars, ils ne pourront pas aller boire un verre sur une terrasse, ni se rendre au cinéma ou dans un théâtre. La population s’est réjouie trop tôt et le Conseil fédéral a parlé trop vite. En réalité, le gouvernement a été mal compris ou plutôt sa communication est déficiente. La semaine dernière, il préconisait plusieurs assouplissements redonnant espoir aux milieux de la restauration et de la culture. De nombreux lieux se sont organisés pour rouvrir leurs portes la semaine prochaine. Erreur: le Conseil fédéral avait lancé une simple consultation. Personne n’avait voulu entendre les bémols émis par Alain Berset sur une éventuelle détérioration de la situation pandémique. Et cela a créé de faux espoirs.

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Ce vendredi, le Conseil fédéral est ainsi revenu en arrière, arguant que la situation sanitaire s’était considérablement dégradée en une semaine. Un argument difficilement audible au moment où le nombre d’hospitalisations diminue. Mais gouverner, c’est prévoir et le Conseil fédéral veut éviter de reproduire la précipitation de l’automne dernier, qui avait engendré une forte deuxième vague.

Abandonné par ses collègues

Ces annonces sont un vrai coup de massue et Alain Berset était bien seul pour les assumer. Face à la population suisse rivée devant l’écran, le ministre de la Santé a été abandonné par ses collègues. Guy Parmelin a brillé par son absence. Depuis le début de sa présidence, le Vaudois s’était montré exemplaire. Il expliquait, rassurait, faisait preuve d’empathie. Pour l’annonce des mauvaises nouvelles, l’UDC a abandonné son ministre de la Santé. C’est le premier faux pas du président Parmelin.

Alain Berset est plus seul que jamais puisque ses autres alliés habituels, les directeurs cantonaux de la santé, l’ont aussi lâché en soulignant dans un communiqué, diffusé pendant son intervention, que les cantons auraient souhaité davantage d’assouplissements.

Cette rebuffade interroge la méthode même du gouvernement: faut-il présenter à toute la population une consultation pour ensuite ne pas prendre en compte les résultats? Cette communication défaillante contribue à la défiance et au ras-le-bol de la population.

Vu la persistance de la crise, il est temps que le Conseil fédéral repense sa manière de faire.


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