Charivari

Conserver l’insouciance des vacances

OPINION. Ce n’est pas parce qu’on revient à la civilisation qu’on doit forcément stresser. Petits conseils pour continuer à «chiller»

Chill. Tranquille. Si les vacances ont bien une vertu, en plus de nous déplacer en territoire inconnu, c’est de nous offrir une précieuse insouciance. Pas d’horaire, ni d’agenda, aucun «je dois vite passer ici» ou «je dois absolument faire cela». Horizon dégagé, calme plat. Posé sur le sable face à la mer ou sur un rocher face à la vallée, on scrute le lointain, on respire sans limites et on ressent cet immense soulagement, cette libération au plus profond. Ce n’est pas un programme, c’est un état. Presque un état d’enfance. Faire le vide, la place, ne pas savoir, ne pas vouloir. Le corps dicte ses besoins, le lien à la nature réveille l’instinct. On s’endort sur une épaule aimée, on redevient un peu, beaucoup reptilien.

Lire aussi: Osez vous reposer!

L’ennui, c’est que, de retour à la civilisation, cette connexion intime avec l’environnement fond comme glaciers sur nos monts. On se rebranche direct et, au-delà du smartphone qui cadence nos actions, notre propre souci de bien faire sale l’addition. Il y a comme une injonction de perfection. J’appelle ça l’effet basane. Toutes les mères connaissent cette fameuse énigme de la rentrée. Où sont ces petites pantoufles souples que les enfants doivent amener à l’école pour la rythmique? On sait qu’on les a rangées dans un endroit facile d’accès, mais l’été a tout effacé et l’angoisse du trou noir donne des frissons. Du coup, c’est stupeur et tremblements à la maison. On fait faux, on s’emmêle les pinceaux, on bloque, on peste.

Lire encore: La fatigue, cette ennemie à apprivoiser

La solution? Conserver l’insouciance des vacances. Rester dans un état serein, souverain. Impliqué, mais sans excès. Concerné, mais sans tension. Comment? C’est très simple. Il suffit de prolonger jusqu’à la fin de l’été les activités propres à cette parenthèse dorée. C’est-à-dire maintenir les apéros, les baignades quotidiennes, la lecture de pavés monumentaux – ceux qui sentent bon le sable chaud –, la sieste divine, bref: continuer à dire «Yes to all».

Oui, mais il y a les devoirs, le bain, le dîner et le dodo, répondent en chœur les parents, déjà au bout du rouleau. Certes. Mais, comme le disait un coach dans un récent article sur la fatigue, mieux vaut s’octroyer une pause de vingt minutes de retour du travail et, qui sait, une petite caresse de l’eau, plutôt que de stresser toute la maisonnée avec des corvées staccato. Si les parents se détendent et se retrouvent un peu à deux avant d’aligner les tâches du soir, les enfants seront plus calmes, donc moins résistants face au programme, promet le spécialiste. Si, si, on peut choisir de se faire du bien. C’est permis.


Chronique précédente

Les vacances d’été, la vague à l’unisson

Publicité