Opinion

Conserver Schengen et Dublin pour assurer notre sécurité

OPINION. Refuser la révision de la loi sur les armes reviendrait à péjorer notre qualité de vie et les conditions-cadres de notre économie, écrit Philippe Miauton, directeur adjoint de la Chambre vaudoise du commerce et de l’industrie

Le référendum contre la révision de la loi sur les armes du 19 mai prochain semble a priori ne pas concerner l’économie, la mobilité des citoyens suisses ou encore la gestion des flux migratoires. Or, l’emplacement géographique de la Suisse au cœur de l’Europe la situe à la croisée des voies économiques, touristiques et migratoires. Ce référendum met en péril la gestion coordonnée de ces voies. En effet, le vrai enjeu du scrutin réside bien plus dans les Accords de Schengen et de Dublin, qu’il menace directement.

Contrairement à ce qu’évoquent les opposants depuis plusieurs mois, la loi sur les armes ne porte aucune atteinte aux traditions suisses. La Suisse, qui a participé activement aux travaux de l’espace Schengen, a obtenu toutes les exceptions nécessaires pour tenir compte de sa tradition de tir et des besoins de son armée. L’acquisition et la possession d’une arme semi-automatique seront toujours possibles si la personne concernée est membre d’un club de tir ou si elle s’entraîne régulièrement. Les membres des forces armées pourront aussi conserver leur arme personnelle à la fin de leur période de service: une personne qui s’entraîne avec son arme militaire dans un club de tir pourra donc continuer à le faire. Les chasseurs ne seront pas touchés. Cette réforme ne portera donc que sur les achats d’armes semi-automatiques sans preuve d’utilisation dans une salle de tir. Nous sommes donc bien loin d’un «diktat de l’Union européenne» qui voudrait nous désarmer!