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Revue de presse

Contessa Piñon, «une très belle personne»

La disparition brutale de la rédactrice en chef du journal «La Côte» crée beaucoup d’émotion. «Figure bienveillante et tutélaire», elle disait que son boulot, c’était un «travail de plombier»

«Votre journal est orphelin de sa rédactrice en chef.» Une très jolie photographie de Contessa Piñon, signée Audrey Piguet, occupe presque tout l’espace de la une du journal La Côte ce mardi matin. C’est un «choc» pour tous ceux qui la connaissaient, et au-delà, de voir cette énergique femme de 46 ans brutalement emportée par un accident cardio-vasculaire. «Son» quotidien lui consacre cinq pages émues, en souvenir de sa «vie lumineuse dédiée à La Côte», vu comme un très vaillant titre de presse de Nyon et alentour, mais aussi comme le nom du district vaudois et de sa région en général.

Lire aussi: Contessa Piñon, adieu à une journaliste

Plus d’une trentaine de personnes rendent hommage à Contessa dans ce numéro spécial orné d’un bandeau noir sur son logo-type. Pluie de larmes et de mémoire dans laquelle il faut lire les lignes que lui consacre Philippe Villard, ex-rédacteur en chef adjoint du journal. Extraits: «Il neigeait. Il avait neigé toute la journée. C’était un mercredi en début de soirée. Contessa venait d’achever le bouclement d’une édition tous ménages. […] Contessa décida de rentrer à pied. […] Elle voulait de cette petite joute avec les éléments, avec l’extérieur, comme pour se laver du stress.»

«J’ai besoin de marcher» avait-elle dit, «en se retournant pour trouer cette nuit d’un large et magnifique sourire comme on n’en voit que dans les films d’Almodovar». En Espagne, plus précisément en Galice, d’où cette «vraie amoureuse de sa région» était originaire, bien que née à Rolle (VD), de son père venu chercher de l’ouvrage dans le vignoble. «Nos racines […] communes», écrit la conseillère d’Etat vaudoise Nuria Gorrite, «nous rappelaient à quel point nous nous ressemblions dans nos vies et nos missions respectives».

Didier Sandoz, rédacteur en chef adjoint du journal, dit combien cette «figure bienveillante et tutélaire» a «donné». Beaucoup. «De son amour et de son énergie, pour que son équipe fonctionne, pour que sa rédaction reste fidèle à la mission d’information, de service à la démocratie communale, d’unique relais des exploits sportifs de toutes catégories et de mise en valeur des artistes du cru.» En résumé, «une très belle personne», écrivait samedi le plus célèbre des Nyonnais:

Dans un autre texte, son second écrit encore qu'«elle n’aimait pas les mots-concept, voir ses ouailles souffrir, l’arrogance injustifiée de certains «puissants», le bling-bling et l’égoïsme croissant dans un environnement plutôt bien nanti». Et puis, «ces dernières années», elle avait dû, comme tant d’autres dans cette profession en disruption, emmener ses troupes «dans l’univers nouveau des supports numériques… «Même si je ne comprends pas toujours de quoi ils me parlent, relatait-elle au sortir de séances où avaient résonné des mots comme «changement de paradigmes», «écosystème», «remarketing», «B2C», «benchmark» et «custom publishing».»

«Je vous laisse méditer, moi je continue mon travail de plombier», concluait-elle, et c’était tellement Contessa, cela… Comme de dire à un journaliste, Antoine Guenot: «Antoine, tu fais chier.» Il se souviendra «toujours de cette phrase […] envoyée en pleine poire, il y a quatre ans, lors de (son) entretien d’embauche»: «Après de mois de piges, tu me proposais un poste de stagiaire. Moi, compliqué au possible, j’osai te demander un poste à temps partiel.»

Et puis, dans un dernier texte tout aussi poignant, La Côte raconte encore ce jeudi 12 mai au matin, «où elle n’est pas venue»: «C’est bizarre, c’est pas son genre… Contessa communique d’habitude. Par mail, SMS, signaux de fumée. […] Rien n’ira plus. C’est un cauchemar qui commence.» Enfin, ses collègues se sont souvenus aussi d’un texte qu’elle avait rédigé après un certain ultime show à Paléo, en 2008: «Juste prolonger un peu ce moment, tout au plus une infime éternité. […] On n’ose pas l’admettre, Alain Bashung, avec cette tournée, avec ce concert, prend congé de son public.»

«Contessa Piñon œuvrait au quotidien La Côte depuis plus de vingt ans. C’est là qu’elle avait accompli son stage de journaliste, après avoir fait ses armes en tant que pigiste», rappelle 24 Heures. Didier Sandoz était à sa rédaction, lundi après-midi, où se préparait une édition hommage. «Elle était si timide, pas sûr que ça lui aurait plu», glisse-t-il.

Une cérémonie d’adieu sera célébrée jeudi 19 mai à 14 heures à l’église catholique de Rolle. Une page d'hommages est accessible sur le Web.

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© Gabioud Simon (gam)