Débat

Pour ou contre l’enseignement du numérique à l’école?

«Le Temps» confronte le président désigné de l’EPFL, Martin Vetterli, pour qui la programmation doit être enseignée parce qu’elle pourrait être «le latin du XXIe siècle», et le philosophe Jean Romain, selon lequel la priorité de l’école doit rester celle de «transmettre un héritage»

«Dans les écoles romandes, le numérique balbutie», constatait «Le Temps» en août dernier. Dans le canton de Vaud notamment, «on reste au bon vieux duo papier-crayon, et l’école connectée ne semble pas figurer sur la liste des priorités», écrivait notre journaliste.

Au vu de l’importance des enjeux, il fallait ouvrir le débat. Pour ou contre le numérique à l’école? Ou, plus exactement, faut-il faire du numérique une priorité de l’enseignement scolaire?


«L’informatique? Le latin du XXIe siècle»

Martin Vetterli, qui présidera l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne dès l’an prochain, n’hésite pas. Non seulement le numérique doit avoir une place essentielle, mais c’est la programmation en tant que telle qui doit être enseignée à l’école.

Sans doute, tout le monde n’a pas besoin de savoir programmer. Mais «comprendre ce qui se trouve «sous le capot» de la société numérique est aussi important que d’avoir des notions de physique élémentaire pour conduire une voiture», écrit celui qui est aussi le président du conseil de la recherche du Fonds national pour recherche scientifique. Les sciences de l’information «seront le filtre pour beaucoup de métiers où l’information et l’informatique sont centrales. Donc peut-être le latin du XXIe siècle!»

Lire son texte ici: «Martin Vetterli: pourquoi il faut enseigner la programmation à l’école»


«La priorité pour l’école n’est pas d’enseigner le numérique»

Le philosophe Jean Romain – et député PLR au Grand Conseil genevois – ne partage pas cette vision. Il se fait le défenseur d’une conception conservatrice pour qui la priorité est ailleurs.

Certes, le numérique est présent partout, il le sera donc aussi à l’école, se résigne-t-il. Mais la vocation première de l’enseignement est autre. Elle consiste à transmettre un héritage, et plus l’information est omniprésente, plus il est important de disposer des clefs de lecture «L’hyperinformation nuit à la formation dans la mesure où pour pouvoir sélectionner ce qui compte dans le flux continu de ce qui nous assaille, il faut une solide culture, capable de faire le départ entre le nécessaire et le superflu. Et plus le numérique entrera dans nos vies, plus cette capacité d’évaluation sera importante.»

Lire son texte ici: «Jean Romain: la priorité pour l’école n’est pas d’enseigner le numérique»

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