Nous sommes des économistes venant de spécialités et d’orientations différentes qui seraient en désaccord sur de nombreux sujets. Cependant et malheureusement, nous sommes tous d’accord que, en dépit des sacrifices à consentir, la Suisse a maintenant besoin d’un second «confinement» (dont l’étendue exacte doit être décidée en étroite coopération avec les experts de santé) accompagné d’un fort soutien fiscal. Même en s’arrêtant uniquement à l’aspect économique, le coût total d’un confinement bien géré sera plus faible que le coût des mesures actuelles plus légères qui ont manifestement échoué à contenir le virus. Ces dernières mesures, qui ont déjà un coût économique désastreux, entraîneront également un taux de mortalité plus élevé.

Le virus se répand actuellement en Suisse à une des vitesses les plus rapides du monde: les nouveaux cas et les hospitalisations ont augmenté à des taux impressionnants, et encore plus tragiquement les décès ont aussi commencé à augmenter exponentiellement. Malheureusement, cela montre sans équivoque que les mesures en place ont été insuffisantes pour contrôler le virus: elles furent soit trop timides, soit adoptées trop tardivement, ou bien les deux. Au vu de ces développements inquiétants et alors que les pays voisins ont adopté diverses mesures de confinement avec une crise sanitaire moindre, nous recommandons que le gouvernement mette en place un second confinement et suive de près les conseils des experts en épidémiologie de la COVID-19 Science Task Force pour ce qui est de ses contours exacts, de son implémentation et de sa durée.