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Les  yeux  sont visibles sous la forme de points noirs brillants sur le bord du manteau d'une coquille Saint-Jacques entrouverte.
© Fisheries.noaa.gov/Commons.Wikimedia.org

Revue de presse

Coquille Saint-Jacques: après la bataille navale, armistice dans la Manche

Les Français, plutôt écolos, et les Britanniques, plutôt libéraux, se disputent les zones de pêche du Channel. Le Brexit est venu tellement compliquer la donne que l’apaisement du conflit n’est peut-être que provisoire

On le connaît tous ou presque, ce Pecten maximus, mollusque bivalve de la famille des pectinidés. Parmi toutes les espèces de cette famille qui sont légalement autorisées à bénéficier de l’appellation commerciale «Saint-Jacques», c’est la plus recherchée des gastronomes. Elle est reconnaissable à sa grande taille et à sa coquille pourvue de côtes en éventail, dont la valve supérieure est totalement plate.

Elle est si recherchée et «ça chauffait» tellement au large des côtes normandes, disait Le Parisien, que pêcheurs français et britanniques ont dû trouver un terrain d’entente sur sa pêche en baie de Seine, dans la Manche. Non sans difficulté: il aura fallu plusieurs heures de discussions à Londres, avant de nouvelles discussions à Paris vendredi pour finaliser un accord. Et surtout après que, comme le raconte la RTS, la semaine dernière, «les pêcheurs des deux pays avaient échangé jets de pierres et insultes et mené des manœuvres dangereuses en haute mer, donnant des airs de bataille navale à cette guerre au long cours autour du précieux mollusque»:

Cela fait des années que les pêcheurs des deux pays se disputent cette zone de pêche au large du Havre. Des altercations ont éclaté en mer la semaine dernière, quand une trentaine de navires français ont essayé d’empêcher cinq navires britanniques de pêcher le précieux mollusque dans les eaux territoriales, nouvel épisode du conflit. Il s’agissait, dans cette «scallop war», de «pierres, fumigènes et divers projectiles lancés en direction d’une flottille» du Royaume-Uni «en infériorité numérique», selon le Scotsman, relayé par Courrier international.

Cette «flottille», c’étaient en effet «cinq bateaux britanniques attaqués par une armada de pêcheurs français furieux de voir leurs confrères remonter des coquilles Saint-Jacques à la surface à une époque de l’année où eux-mêmes n’en ont pas l’autorisation», explique le Daily Telegraph. Car il faut savoir que les pêcheurs normands n’ont le droit de pêcher la Saint-Jacques que du 1er octobre au 15 mai, pour tenter de préserver la ressource. Ils demandaient donc aux Britanniques, dont la pêche n’est pas réglementée, de respecter le même calendrier au large des côtes françaises pour tous les navires, quelle que soit leur taille.

On passe sur les détails de l’accord intervenu mercredi, assez procédurier et complexe et dont le Sun considère qu’il avantage la France, pour mettre le doigt sur les causes de ces tensions. En fait, les pêcheurs britanniques sont plutôt des Brexiters, et ils espèrent secrètement, avec la sortie de l’Union à la fin de mars 2019, récupérer la mainmise sur leurs eaux. Au printemps 2017 déjà, avec le Brexit, les Français craignant «de perdre les zones de pêche britanniques», le Financial Times s’était rendu à Boulogne-sur-Mer, «à la rencontre de marins anxieux».

L’un d’entre eux venait de signer «un bail pour un chalutier valant 2,7 millions d’euros». Puis vint ce satané Brexit, qui lui a fait regretter sa décision: «Si j’avais su […], je n’aurais jamais signé», avouait-il. A Boulogne, il n’était de loin pas le seul à redouter que la nouvelle donne «n’entraîne l’expulsion des bateaux étrangers hors des eaux britanniques» et rien de moins que «la disparition du plus grand port de pêche français».

Un moyen de pression

Ces inquiétudes montent à cause du moyen de pression «que le Royaume-Uni espère utiliser lors des négociations, car un grand nombre de pays européens dépendent de leur accès aux eaux». Au nom des Vingt-Sept, Michel Barnier, commissaire responsable du dossier, ne souhaite d’ailleurs pas que «la pêche soit traitée à part, car la pêche ne veut pas être la variable d’ajustement du Brexit». Ne veut ou ne peut pas? Question de vocabulaire. Le plus souhaitable serait «un règlement à l’amiable», en tout cas sur la coquille Saint-Jacques, selon Euronews.

Quoi qu’il en soit, la Marine française se dit «prête à intervenir» pour éviter de nouveaux heurts, lit-on dans Paris-Normandie. «Un patrouilleur basé à Cherbourg […] est en mer, […] dans le cadre des missions naturelles de la Préfecture maritime, qui assure une surveillance sur zone pour veiller à la sécurité des personnes et des biens en mer. […] En cas d’incident, les bâtiments de la Marine disposent d’une palette de moyens d’intervention, de l’avertissement sonore à l’inspection à bord et l’interception.»

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© Gabioud Simon (gam)