Si ce même lundi Donald Trump n’avait pas annoncé qu’il ingurgitait de l’hydroxychloroquine à titre préventif – provoquant une fois de plus la consternation des scientifiques –, on aurait porté davantage attention à la lettre qu’il adressait au directeur de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus. Les accusations qu’il porte contre Pékin, qui n’aurait pas respecté ses obligations découlant du Règlement sanitaire international (RSI) de l’OMS, et contre le silence complaisant de cette dernière, méritent quelques explications. Après tout, cinq mois après l’apparition du virus qui a mis la planète à l’arrêt, que sait-on au juste? Qui a sonné l’alerte et quand? La Chine a-t-elle «toujours» fait preuve de «transparence», comme l’affirme Xi Jinping et comme le soutient aussi Tedros Adhanom Ghebreyesus?

Et ProMed traduisit

Jusqu’à ces derniers jours, sur la base de la communication de l’OMS, on pouvait comprendre que la Chine avait informé l’organisation basée à Genève le 31 décembre dernier. C’était toutefois formulé de façon passive: l’OMS a reçu des informations en Chine à cette date. Mais de qui? Pékin et Genève se sont bien gardés de le préciser jusqu’à tout récemment. A la lecture de la chronologie des événements diffusée par Chine nouvelle, l’agence officielle chinoise, Pékin a commencé à «informer régulièrement» l’OMS de l’évolution de l’épidémie à partir du 3 janvier. Le lendemain, le 4 janvier, l’OMS informe pour la première fois que «la Chine a rapporté un foyer de cas de pneumonie – sans morts – à Wuhan, province du Hubei». Alors, que s’est-il passé ce 31 décembre?