Cela a commencé par un marché, puis un quartier, ensuite une ville, un pays, enfin c’est la planète entière qui s’interroge sur sa mise en quarantaine et les décrets d’interdiction de se déplacer. Les mesures sanitaires pour enrayer la propagation du Covid-19 sont en train de gripper l’économie mondiale, les marchés boursiers effectuant un plongeon comme on n’en avait plus vu depuis la crise financière de 2008. C’est ainsi qu’un coronavirus peut-être issu d’une chauve-souris a réussi à briser les chaînes d’une production de biens planétaire. La division du travail, dont la Chine était devenue l’épicentre d’un monde globalisé, est temporairement à terre. Il n’est quasiment pas un secteur d’activité industrielle qui ne soit impacté. Nous sommes tous, globalement, déjà affectés par le virus, même sans être malades.

Du SRAS au Covid-19

On peut certes relativiser le mal. Après tout, en 2003, la crise du SRAS, au terme de quelques semaines de panique, n’avait finalement eu qu’un impact minime sur la croissance mondiale, l’économie chinoise repartant de plus belle une fois le virus disparu. Si l’on ne sait pas encore quelle ampleur prendra la diffusion du Covid-19, on peut par contre d’ores et déjà affirmer que ses conséquences économiques seront beaucoup plus sérieuses que celles du SRAS. Pour une simple raison: alors que la Chine de 2003 commençait sa mue en usine du monde, celle de 2020 s’est imposée entre-temps comme la première puissance commerciale. L’imbrication des échanges entre régions du monde, et par conséquent l’interdépendance des marchés, a été dans la même période démultipliée. L’exemple le plus spectaculaire, en ces temps d’urgence sanitaire, étant celui des médicaments, chaque pays réalisant soudainement à quel point il est devenu tributaire de l’approvisionnement chinois.