Quel effet aura la pandémie sur l’ascension politique et économique de la Chine? L’opinion est quasi unanime: la Chine est le grand bénéficiaire de la crise sanitaire. Premier pays touché, premier à s’en être sorti, la Chine voit son économie vrombir alors que les pays occidentaux sont encore paralysés. La diplomatie suit, portée par les succès de la version moderne de la médecine aux pieds nus, d’abord les petits rectangles bleus sur tous les visages dans le monde entier et maintenant des vaccins traditionnels qui coûtent une fraction des sophistiqués ARN messagers. Le paradoxe est fascinant, mais on peut raconter une tout autre histoire.

La propagande du parti cite abondamment deux avantages qu’aurait la Chine pour faire face au virus. D’abord, c’est un pays ultra-centralisé: un homme décide et c’est fait, promptement. Ensuite, il n’y a pas d’opinion publique. Tout le monde obéit et personne ne se plaint. On peut confiner totalement et très longtemps, on peut produire ce qu’on veut en ordonnant le retour au travail de ceux dont on a besoin.