Revue de presse

Coupe du monde de foot: le match Irlande du Nord-Suisse n’est pas une formalité

La Nati joue ce soir son premier match de barrage à Belfast pour se qualifier au Mondial en Russie. Les médias ne se risquent pas à un pronostic: ce sera serré-serré

«Petkovic doit se méfier d’une chose: l’impact psychologique qu’ont eu les très bons matchs précédents de son équipe, sans pour autant que la Suisse ait déjà réussi à décrocher son ticket pour la Russie», analyse le Belfast Telegraph. Voilà le constat avant les deux matchs de barrage pour la Coupe du monde de football 2018, où l’Irlande du Nord affronte la Nati, ce jeudi dans la capitale de l’Ulster et dimanche prochain à Bâle.

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Car l’entraîneur des Irlandais du Nord, Michael O’Neill, y croit dur comme fer. On peut manquer une qualification «de cette façon». Même si les Suisses apparaissent «en bonne santé», ils sont «mentalement marqués». Il doit donc espérer que «ses joueurs et la foule de Belfast apportent encore un peu plus de misère» à leurs adversaires.

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Le ton est donné. Tous les pronostiqueurs donnaient jusqu’il y a peu la Suisse favorite de ce barrage. Mais les joueurs de la Norn Iron n’entendent pas se laisser faire. «Les quelque 900 supporters suisses attendus ne manqueront pas de remarquer» qu'«une légende locale, le mythique attaquant de Manchester United George Best, […] sans doute l’un des meilleurs footballeurs de tous les temps», mort en 2005, «idole des sixties qui a eu droit à des obsèques nationales à Belfast, sa ville natale, veillera […] sur le Windsor Park».

Pas de quartier, donc, demande Le Matin en une, face à la Green and White Army, pour ce match que Le Nouvelliste voit comme celui «de tous les dangers»: «Il serait absurde d’affirmer que tous les feux sont au vert […]. Les blessures de Johan Djourou et de Valon Behrami, deux des hommes forts de la sélection, la méforme de Yann Sommer, la fragilité extrême témoignée par Granit Xhaka et Xherdan Shaqiri à Lisbonne lors de la «finalissima» incitent à une très grande prudence. Non, la Suisse n’aborde pas ce barrage dans les meilleures dispositions.»

Elle «tremble», oui, écrit Le Soir de Bruxelles. Mais 20 minutes est bien plus pessimiste, qui énumère les «dix raisons pour lesquelles ce sont les Irlandais du Nord qui vont passer», même si un de ses internautes lui répond finement qu'«il ne faut jamais vendre la charrue avant d’avoir tué la peau de l’ours»… Parmi elles, l’amour du combat et l’amour du succès, si l’on veut résumer le propos. Ainsi, «si les Nord-Irlandais n’ont obtenu que 1800 tickets au Parc Saint-Jacques, soit le minimum de 5% de la capacité du stade, ils risquent de débarquer à beaucoup plus dans la cité rhénane. Et quand on se souvient de l’enthousiasme qui régnait dans leur sillage lors du dernier Euro en France, on peut imaginer que l’euphorie sera bien présente chez nous également.»

Un rêve éveillé

Mais surtout, surtout, c’est «l’équipe qui en veut le plus»: «Les Nord-Irlandais vivent actuellement un rêve éveillé avec leur sélection nationale qui, grâce à son «fighting spirit», peut faire trembler n’importe quel pays du monde. C’est ça, le talent, ici, et les hommes de Michael O’Neill vont assurément jouer sur leur point fort.» Voilà sans doute pourquoi le Blick s’adresse directement à cette «génération dorée» de la Nati en écrivant: «Courez et combattez comme s’il en allait de votre vie. Sinon vous n’avez aucune chance.»

Mais 20 minutes est aussi malin – ou ne veut pas prendre de risques – en contrebalançant son argumentaire par un «Pourquoi c’est la Suisse qui va passer». Pourquoi, alors? Pour cette raison, en tout cas: «Au pays de George Best, le jeu de ballon n’est de loin pas le sport le plus suivi. Les foules s’y mobilisent davantage pour le rugby, les sports gaéliques, le hockey sur gazon… Et pour le football anglais ou écossais. Même si une certaine «hype» entoure la Green and White Army depuis peu, c’est surtout depuis 2005 que l’équipe nationale a retrouvé un public. Pas de quoi faire peur aux Suisses.»

«Il y a de quoi être frustré quand on est Suisse»

Le site Football365.fr est plus analytique, lui. «Première de son groupe d’éliminatoires pendant plus d’un an, la Suisse s’y est vue. Forcément. Sauf que, en perdant au Portugal en octobre (2-0), la Nati a glissé à la deuxième place de sa poule au pire moment. Et la route pour la Russie s’est considérablement compliquée, avec la perspective d’un barrage piégeux à disputer en Irlande du Nord. Il y a de quoi être frustré quand on est Suisse. Avec 27 points, les coéquipiers de Gelson Fernandes font mieux que tout le monde ou presque sur ces qualifications.»

Et de poursuivre: «Ce résultat est d’autant plus embêtant que le voyage à Belfast […] ne sera pas une formalité. Si la Suisse est habituée à disputer les phases finales depuis dix ans, l’Irlande du Nord est une novice. Qualifiée pour l’Euro 2016, la sélection dirigée par Michael O’Neill n’a plus participé à un Mondial depuis 1986. […] Alors, devant 18 000 personnes survoltées à Windsor Park, Jonny Evans et ses coéquipiers veulent prolonger la belle histoire. […] En face, la Suisse n’est pas très rassurée.» Petkovic «a beau être le sélectionneur au meilleur bilan statistique de l’histoire de la Nati, il sait qu’il joue gros sur ce barrage».

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