Margrete Vestager n’aura pas perdu de temps. Quelques semaines après son entrée en fonction, la commissaire européenne à la Concurrence lance une charge contre Google sur des faits très précis. Alors que son prédécesseur avait tergiversé pendant des années, la Danoise agit. Sur un dossier totalement abandonné par les autorités américaines, elle a le courage de vouloir aller au bout, même si la procédure pourrait prendre des années. Autant essayer: Bruxelles et surtout les consommateurs européens n’ont rien à perdre dans ce dossier.

La commissaire a aussi l’immense mérite d’ouvrir une procédure sur le marché des smartphones, au moins aussi important que celui de la recherche sur Internet.

Margrete Vestager prend aussi des risques. Elle n’esquisse aucune solution dans ce conflit. Elle n’avance pas encore de preuves. Parviendra-t-elle à forcer Google à lui ouvrir ses algorithmes? Cela semble extraordinairement compliqué, mais pas impossible. Trouver une solution sera très difficile et les pressions venant des Etats-Unis seront très fortes. Mais la commissaire l’a rappelé mercredi: de nombreuses sociétés… américaines ont porté plainte contre Google auprès de Bruxelles.

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