Les enfants seraient-ils naturellement protégés contre le Covid-19? Certains ont été tentés de le croire au début de la pandémie. Peu de cas graves étant à déplorer dans cette catégorie de la population, on a classé les plus jeunes à part, comme s’ils étaient à l’abri des effets du coronavirus et qu’ils ne jouaient aucun rôle dans les chaînes de contamination.

Sauf qu’on sait aujourd’hui que cette vision est fausse. Les plus jeunes et les adolescents peuvent, tout comme les adultes, être contaminés par le SARS-CoV-2. Les 10-19 ans représentent même la classe d’âge la plus touchée par le virus en Suisse. Si les complications demeurent rares, elles ne sont pas impossibles, tout comme le développement de formes persistantes de la maladie.

Un réservoir viral

Il est aussi établi que les enfants infectés peuvent le transmettre à d’autres. Une étude récente de l’Institut Pasteur, en France, a ainsi montré que le fait de cohabiter avec des enfants augmente de 30% le risque de contamination des adultes. Laisser le virus circuler au sein de cette classe d’âge non vaccinée revient à créer un réservoir qui alimente la pandémie.

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Quant aux écoles, elles ne peuvent plus décemment être vues comme des sanctuaires à l’abri. Les conditions y sont clairement réunies pour en faire des nids à coronavirus, puisqu’il s’agit de lieux clos au sein desquels les enfants entretiennent des contacts rapprochés.

Une politique trop timorée

Jusqu’à présent, la politique de dépistage du SARS-CoV-2 chez les enfants a été trop timorée en Suisse. Même en cas de symptômes, ils sont rarement testés. Un certain flou entoure la notification aux familles des cas survenus à l’école ou dans les institutions de petite enfance. Une attitude de déni qui peut s’avérer contre-productive puisque, en laissant courir la maladie, on risque d’être contraint de prendre des mesures drastiques, comme la fermeture de classes.

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La reprise de la pandémie et l’arrivée d’Omicron devraient nous inciter à changer d’approche. Si ses modalités exactes restent encore à définir, la généralisation des tests chez les plus jeunes s’avérerait bénéfique pour eux comme pour la société, en permettant à la fois d’éviter des malades, de maintenir les écoles ouvertes et de contrer la propagation du virus. Le défi étant de remplir simultanément ces trois objectifs.


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