revue de presse

Crash de l’A320: le copilote était sous le coup d’un arrêt de travail

La justice a indiqué vendredi matin avoir trouvé un document d’arrêt de travail déchiré au domicile d’Andreas Lubitz. Il se confirme qu’il était victime de graves troubles psychologiques depuis le début de sa formation, en 2008. Il avait même été déclaré «inapte au vol»

Le parquet de Düsseldorf a indiqué vendredi matin avoir trouvé, entre autres, un papier d’arrêt de travail déchiré au domicile d’Andreas Lubitz. L’arrêt portait sur la journée de mardi, jour du crash de l’Airbus A320 de la compagnie Germanwings. L’AFP indique que les enquêteurs ont retrouvé chez lui des formulaires d’«arrêts maladie détaillés, déchirés» qui concernaient «le jour des faits», note un communiqué du parquet, sans préciser la nature de la «maladie».

Ce vendredi, le Bild, en Allemagne, a confirmé que le copilote de l’Airbus A320 de Germanwings, Andreas Lubitz, a souffert d’une grave dépression il y a six ans et était régulièrement suivi médicalement depuis, dit le quotidien populaire qui a eu accès à des documents officiels de l’autorité allemande de supervision du transport aérien, le Luftfahrt Bundesamt (LBA).

Le patron de la compagnie aérienne allemande Lufthansa, Carsten Spohr, avait indiqué jeudi qu’Andreas Lubitz avait interrompu sa formation de pilote entamée en 2008 «pendant un certain temps» sans fournir plus d’explications, ce qui a mis la puce à l’oreille du Bild. Selon ce journal, c’est à ce moment-là qu’il souffrait «de dépressions et de crises d’angoisse». Alors pourquoi a-t-on laissé le «pilote Amok» Andreas Lubitz reprendre une formation qui exige une haute maîtrise de soi et un sang-froid sans faille? «Pourquoi était-il autorisé à voler?» demande le Daily Mail:

Le Times de Londres, cité par Le Monde, affirme aussi que «la Lufthansa savait qu’Andreas Lubitz était dépressif et traversait une crise existentielle» après une rupture sentimentale. Un psychologue doit consulter ce vendredi les documents officiels. Ils seront ensuite récupérés par les autorités judiciaires allemandes qui doivent les transmettre aux enquêteurs français. On en saura donc bientôt peut-être davantage.

En attendant, Le Figaro indique que «lors du stage de Phoenix (Arizona), passage obligé des futurs pilotes de la Lufthansa, les Américains l’avaient listé dans la catégorie inapte au vol». Et plusieurs journaux allemands disent aussi qu’il «traversait en ce moment une grave crise personnelle liée à la situation du couple qu’il formait avec sa petite amie». La Tageszeitung parle d’un «homme à risques». La Frankfurter Allgemeine d’un épisode de burn-out.

«Il ne pouvait pas exercer son métier»

C’est le Spiegel qui avait évoqué, le premier, un éventuel burn-out, et un proche avait confirmé «cet état de faiblesse psychologique auprès de l’envoyé spécial d’Europe 1 dans son village natal de Montabaur. […] Oui, il était bien dépressif et c’était même connu ici, dans son village, témoignait David. […] Ici, on sait que l’année dernière il avait fait une dépression. Mais je ne connais pas la raison exacte. Je sais juste qu’il s’est passé quelque chose et qu’il a été suspendu. […] Il ne pouvait pas exercer son métier.»

Voilà qui va relancer de plus belle le débat sur la personnalité de cet homme à propos duquel les familles des victimes du crash – c’est sûr – voudront avoir des explications claires.

Publicité