Ce jeudi matin, je dois bien l’avouer, la journaliste économique que je suis a poussé un soupir de découragement en ouvrant sa boîte e-mail. Parmi le flot de communiqués de presse, d’un intérêt tout relatif, apparaissait un message de «Credit Suisse Media Relations». Ma première réaction: «Si c’est encore une nouvelle affaire, une nouvelle perte financière, un nouveau remaniement, il va falloir que je me trouve une excuse.» Heureusement, non. La banque envoyait son rapport financier pour le premier trimestre de cette année, dont les grandes lignes avaient déjà été présentées le mois dernier.

Depuis début mars, date de la découverte du pot aux roses Greensill, j’ai écrit 22 articles sur la banque. Autrement dit, depuis cette date, presque un article sur deux. Il faut dire qu’elle ne nous a guère laissé le choix: à peine avions-nous fini de décortiquer cette première débandade et ses conséquences pour la banque, les fonds de placement qu’elle gérait avec cette société (10 milliards de dollars, tout de même) et ses clients, qu’une nouvelle affaire éclatait.