«La belle qui sommeille sur les bords du Rhin», c’est le mot cruel que de Gaulle avait réservé, dans les années 1960, au Conseil de l’Europe. L’institution paneuropéenne gardienne de la démocratie et des droits de l’homme, ignorée de la plupart de «ses» 800 millions d’Européens, souvent confondue avec le Conseil européen de l’UE, fête cette année ses 70 ans à Strasbourg dans un contexte de triple crise. Crises politique, identitaire et éthique. Or la levée des sanctions contre la Russie par l’Assemblée parlementaire, cette semaine, ne fait que souligner l’impuissance d’une institution qui n’a pour bras armé que la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH).

La plus suisse des institutions européennes

Même si le Rapport sur la politique extérieure 2018 du Conseil fédéral ne consacre que 18 lignes sur 80 pages au Conseil de l’Europe, la Suisse ne saurait se désintéresser de cette situation de faiblesse. C’est en effet, avec l’OSCE, le seul forum européen où les représentants suisses, en particulier les parlementaires, peuvent participer à l’élaboration et à la prise de décisions touchant l’avenir du continent. C’est notre unique lieu de dialogue institutionnel au niveau européen. Et notre seule façon de participer à l’intégration européenne. Nos députés y sont remarqués. Ainsi l’Assemblée est présidée jusqu’à la fin de l’année par la sénatrice genevoise Liliane Maury Pasquier. De conception fédéraliste, le Conseil de l’Europe est l’organisation européenne «la plus helvétique».