«La belle qui sommeille sur les bords du Rhin», c’est le mot cruel que de Gaulle avait réservé, dans les années 1960, au Conseil de l’Europe. L’institution paneuropéenne gardienne de la démocratie et des droits de l’homme, ignorée de la plupart de «ses» 800 millions d’Européens, souvent confondue avec le Conseil européen de l’UE, fête cette année ses 70 ans à Strasbourg dans un contexte de triple crise. Crises politique, identitaire et éthique. Or la levée des sanctions contre la Russie par l’Assemblée parlementaire, cette semaine, ne fait que souligner l’impuissance d’une institution qui n’a pour bras armé que la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH).