Les crises ont ceci de remarquable qu’elles servent souvent de catalyseurs de modèles dépassés historiquement ou au contraire prometteurs. Ainsi, la crise du Covid-19 éclaire d’une lumière crue le fonctionnement de notre justice pénale.

Mi-mars, la pandémie provoque l’annulation de toutes les audiences du Tribunal pénal fédéral, avec entre autres conséquences la prescription annoncée de l’affaire FIFA. A Genève, toutes les audiences prévues par le Ministère public sont également annulées (sauf celles qui concernent des détenus) tandis que la consultation des dossiers doit toujours se faire physiquement au Ministère public. Pourtant, greffiers et procureurs sont renvoyés à la maison, sans accès électronique aux dossiers… puisque ceux-ci ne sont pas digitalisés. Et la centrale du Ministère public ne communique pas les contacts privés des procureurs.