Convoqué par le président français Nicolas Sarkozy ce week-end, le mini-sommet des quatre pays européens (G4) a accouché d'une souris. Les résolutions prises sont, pour la plupart, vagues. Certaines reprennent des décisions annoncées. Par exemple l'aide aux PME, ou encore le contrôle des agences de notation.

Il en est sorti néanmoins un geste qui a vraiment du sens. Le G4 appelle à un «sommet international le plus tôt possible». Il est en effet grand temps d'agir ensemble. La crise ébranle certes les grandes banques américaines et européennes, mais les autres régions sontelles vraiment épargnées?

Dans un monde interdépendant et désormais multipolaire, toute solution passe par l'ensemble des acteurs: le G7 au complet et les pays du BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine). Ces derniers ne détiennent-ils pas des réserves colossales de pétrodollars ou de surplus commerciaux?

Après le plan Paulson approuvé vendredi et le mini-sommet du G4 samedi, cette semaine offre la possibilité d'une action concertée. Les ministres des Finances se retrouvent en fin de semaine à Washington pour l'assemblée générale du Fonds monétaire international (FMI). Ce dernier publiera mercredi ses perspectives économiques pour 2009. Elles seront sombres, et révisées, encore une fois, à la baisse.

C'est sur cette toile de fond que toutes les puissances devront accorder leurs violons et empêcher l'économie mondiale de sombrer dans une récession qui menace déjà. L'issue est pour le moins incertaine. Face au péril, le réflexe du chacun pour soi gagne en puissance.

Une vieille idée, pourtant, refait surface depuis peu. Le FMI dispose de grands moyens, mais ne sait pas quoi en faire. Il pourrait créer un fonds de sauvetage qui prêterait en dernier ressort aux institutions financières en difficulté et imposerait des réformes. Comme il le fait pour les Etats en difficulté. Un tel fonds avait fait défaut en 1997 lors de la crise financière asiatique. La leçon n'a pas été retenue. Et voilà que la crise se répète.

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