«C’est nous qui dictons l’agenda politique!» Voilà un moment d’arrogance de l’ancien président de l’UDC Toni Brunner que son parti a payé dimanche au prix fort de – 12 sièges. Confirmant son incapacité à saisir les nouveaux mouvements citoyens, les revendications des femmes, la mobilisation pour le climat. Nous avons donc un Volkspartei, un grand parti populaire, incapable de comprendre une société suisse qui bouge vite. L’UDC a perdu la main «… et le combat changea d’âme». L’agenda échappe d’ailleurs aux politiques.

L’UDC n’est pas seule. Les quatre partis gouvernementaux ont tous subi un échec et sont en recul. Pas plus que les démocraties européennes, la Suisse n’échappe à la crise qui touche les grands partis traditionnels en France, en Allemagne, en Italie ou en Espagne. Volatilité électorale, déclin du militantisme, concurrence des mouvements écologistes ou féministes et désintérêt des jeunes en sont les révélateurs. «Tous les grands partis se font désormais doubler soit sur leur gauche, soit sur leur droite par de nouveaux venus, des mouvements plutôt que des partis… L’ère des grands partis s’achève», constatait en 2017 déjà Alain Bergounioux, historien de la social-démocratie. En Suisse, le recul simultané des quatre partis représentés au Conseil fédéral nous renvoie à cette cruelle évidence. Simple accident ou fin d’un cycle historique?