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Le président Emmanuel Macron et la maire de Calais Natacha Bouchart.
© BENOIT TESSIER/EPA

Editorial

La crise des migrants impose un Etat fort et efficace

EDITORIAL. La visite d’Emmanuel Macron à Calais relance le débat sur le traitement des migrants en France. Difficile, pourtant, de contester le besoin d’autorité. Et la nécessité d’expulser pour faire respecter le droit d’asile

La charge fait mal. Elle dit les blessures et les légitimes inquiétudes que soulève, en France, la politique migratoire du gouvernement. Signée par plusieurs personnalités de centre gauche, une tribune publiée mercredi dans Le Monde pilonne: «Nous nous sommes réveillés, écrivent les signataires, dans un pays où l’on arrache leurs couvertures à des migrants […] où l’on lacère des toiles de tente […] où l’on peut se perdre, pieds et mains gelés, sur les pentes enneigées de la frontière franco-italienne.»

L’accusation est claire: Emmanuel Macron l’humaniste a cédé la place à un chef de l’Etat réaliste et intraitable. Et d’appeler en conclusion le locataire de l’Elysée «à être à la hauteur des idéaux» qui ont fait la France.

Cet appel mériterait de circuler et d’être signé dans de nombreux pays européens. Il s’insurge contre l’inhumanité et exige de nos démocraties qu’elles sachent répondre avec empathie au défi migratoire. Soit. Mais il faut simultanément reconnaître à Emmanuel Macron une dose de courage. En posant comme objectifs une meilleure mise en œuvre des renvois vers leur pays d’origine des demandeurs déboutés de l’asile, et un accueil plus efficace et durable au niveau des collectivités locales, le président français respecte un principe de réalité.

À ce sujet: A Calais, Macron en humaniste ferme

Il faut, pour que les populations continuent de secourir les migrants, que le droit s’applique de façon rigoureuse. Il faut que les migrants autorisés à demeurer en Europe soient accompagnés pour espérer trouver, demain, un travail et un cadre de vie décent. Il faut enfin, pour que les relations Nord-Sud cessent d’être un jeu de dupes, que les pays de départ acceptent, en échange d’une aide, le retour de leurs émigrés économiques.

La pire politique de l’asile est celle qui conduit à laisser des centaines de milliers de clandestins dans les zones grises de nos périphéries urbaines ou agglutinés dans des bidonvilles comme l’ex-«jungle» de Calais. L’examen des dossiers, le plus possible avant l’arrivée sur le territoire européen, doit être accéléré. Le renvoi dans les pays d’origine, dignement exécuté et financièrement soutenu, doit pouvoir être organisé. Une assistance prioritaire doit pouvoir être portée aux femmes et aux mineurs.

La solidarité avec les pays de première arrivée, comme la Grèce, l’Italie ou l’Espagne, est une obligation morale. Mais en France comme ailleurs, la crise des migrants impose aussi, pour être maîtrisée, un Etat fort et efficace. Capable, malgré les controverses, de faire respecter sur son territoire la loi démocratique qui lui sert de socle.

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