Editorial

Ces crises qui révéleront le vrai Obama

Le bilan de Barack Obama va-t-il se résumer aux succès qu’il a enregistrés au cours de son premier mandat? Le président démocrate est confronté à trois crises qui pourraient réduire à néant sa marge de manœuvre pour faire aboutir des dossiers qu’il juge essentiels afin de laisser sa marque dans l’Histoire

Le bilan de Barack Obama va-t-il se résumer aux succès qu’il a enregistrés au cours de son premier mandat? Le président démocrate est confronté à trois crises qui pourraient réduire à néant sa marge de manœuvre pour faire aboutir des dossiers qu’il juge essentiels afin de laisser sa marque dans l’Histoire: réforme globale de l’immigration et du code fiscal, fermeture de la prison de Guantanamo.

Les écoutes téléphoniques de journalistes, les enquêtes biaisées du fisc sur des groupes proches du Tea Party et les accusations de complot dans la tragédie de Benghazi en Libye risquent pourtant de coûter à Barack Obama un précieux capital politique au même titre que l’Iran-Contragate à l’époque de Reagan ou l’affaire Lewinsky sous Bill Clinton. Le président démocrate a des reproches à se faire. S’il n’était apparemment pas au courant des deux premiers scandales, il n’en a pas moins tardé à réagir avec vigueur pour remettre de l’ordre dans son administration. Pour ce qui a trait au raid d’islamistes radicaux sur une base de la CIA à Benghazi, il a manqué singulièrement de leadership en laissant une guerre intestine entre le Département d’Etat et la CIA dicter le cours des choses. La Maison-Blanche est apparue inutilement opaque et sur la défensive.

Le quarantième anniversaire des auditions du Watergate approchant (17 mai), certains républicains ont voulu établir un parallèle entre ces trois affaires et celle qui a fait chuter le président Nixon. Dans le combat obsessionnel qu’ils mènent contre lui dans l’affaire de Benghazi, leur objectif n’est pas l’intérêt public, mais d’abattre (politiquement) un président détesté dès son élection en 2008. Plusieurs républicains admettent avoir voté contre un contrôle plus strict des armes à feu souhaité par 90% des Américains pour ne pas lui offrir une victoire politique.

Cette phase de crise pourrait avoir une vertu: pousser Barack Obama à prouver qu’il a le courage, en s’appuyant sur l’opinion publique, d’utiliser de façon plus affirmative une marge de manœuvre qu’il n’a pas jugé bon d’exploiter pour fermer Guantanamo. S’il montre cette audace, les républicains, avec leur politique de guérilla parlementaire, pourraient en payer le prix fort lors des élections de mi-mandat en 2014. Et le démocrate pourrait achever son dernier mandat sur un ou deux succès probants. Sans cela, il risque d’achever une présidence historique sans panache.

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